ACTE I, SCÈNE L
DON DIÈGUË.
Tu dis?
SIMON
Excellente !
Ainsi, lu as deviné à Tinstant même...
SIMON
Oh ! quoi de plus clair sous le soleil? Ma foi , monsieur, c'est un très-bon mariage, un mariage parfait, parfait !
DON plÈGUE.
Oui , mon garçon. Je l'ai mainte fois retourné dans ma tête , ce grand dessein , et il me semble à moi des plus heureux.
SIMON
Et à moi donc!
Mais je veux absolument que rien ne transpire avant que la chose soit réalisée.
SIMON
C'est fort sage de votre part.
Tout le monde , mon ami , ne voit pas ces sortes d'événements du même œil ; et je parie d'avance que bien des gens se hâteront de faire des gorges chaudes, de crier à la folie, et de...
SIMON
A la folie ! Charmante folie , en vérité , avec un brin de fille comme celui-là !
m» LE OUI DES JEUNES FILLES.
DOn BtÈG€E.
Bravo ! tu dis bien. Par contre, elle est pauvre, il n'y a pas de doute ; car, entre nous, sa chère mère, dona Irène, s'est tellement hâtée de fieiire danser les espèces depuis la mort de son dernier mari, que, sans ses deux bonnes sœurs les religieuses et son beau-frère le chanoine de Castroxériz , elle n'aurait pas de quoi faire bouillir la marmite : ce qui ne l'empêche pas, au surplus, d'être remplie de vanité et de prétentions. Elle vous étourdit sans cesse de ses parents et de ses défunts époux, et elle vous débite des kyrielles de sottes litanies.... Mais n'importe ! ce n'est pas l'argent que j'ai cherché : j'en ai, de l'argent. Ce que j'ai tâché de découvrir, -c'est la modestie , le recueillement et la vertu.
SIMON
Voilà le principal, monsieur! Et d'ailleurs ces beaux écus que vous possédez , qu'en feriez-vous?
C'est vrai, mon garçon... D'un autre côté, tu n'ignores pas quelle perle c'est qu'une femme entendue, active, sachant prendre soin de son ménage, sachant économiser et porter son attention sur tous les détails. Ah! le triste sort que d'être sans cesse à se quereller avec des gouvernantes plus détestables les unes que les autres , avec ces vieilles gourmandes qui glissent leur mot dans chacpie affaire, qui font galoper leur langue du matin au soir, qui sont toujours toiu*mentées par des vapeurs, de vraies ruines enfin , et, par-dessus le marché, laides oonune