DONA BÉATRICE, DON ROQUE
DON ROQUE
Béatrice !
DONA BÉATRICE
Qu'est-ce qui arrive ?
DON ROQUE
Je veux savoir enfin quand il te plaira de me lais-r ser en paix, de changer d'appartcnient, ou, pour être plus clair, de t'en retourner chez toi.
DONA BÉATRICE
C'est fort bien; j'y réfléchirai. —
Ne me recommence pas tes finasseries et tes subî ierfuges. Je t'ai déjà dit de t'en aller, oui , de t'en aller ! Car, juste ciel ! tout est assez cher aujourd'hui , et je suis rassasié de convives. Grande obstinée, va ! Je ne préteinds pas, du reste, que tii t'en
ailles sans jamais revenir dans le cours de ton existence. Non, Seigneur ! Une ou deux fois, lorsque tu le tiendras pour agréable : rien de mieux. Mais te planter chez moi pour t'y goberger ! il tant rayer cela de tes tablettes. Ma femme n*a pas besoin de conseillères à ses trousses... Et sur ce, hors d'ici.
DON A BÉATRICE
C'est bien. Tu n'es pas obligé de te mettre en fureur pour cela.
DON ROQUE
Mais va-t'en , Béatrice !
DONA BÉATRICE
Je m'en irai ; ne te tourmente pas !
DON ROQUE
C'est que je veux que tu déménages à l'instant.
DONA BÉATRICE
A l'instant ! Quelle impatience ! Cela nous manquait encore. Mais prends donc garde, mon cher! tu deviens d'heure en heure {dus insupportable, et tu te fois vraiment l'être le plus ridicule et le plus brutal qui se puisse concevoir. Au moment même joù tu ouvres la bouche, tu veux être obéi. Tu exiges qu'on aille jusqu'à deviner ta pensée, car tu as l'habitude de demander tout par gestes. Si tu trouves la moindre chose déplacée de deux ou trois pouces de l'endroit où tu Tavais mise, vite, tu entames un procès. Si tu es joyeux , il faut que tout le monde soit content ; et si tu as des humeurs noires (ce qui t'arrive pendant des mois entiers) , oh! alors, que personne ne s'avise de rire ! Quand tu observes