DON ROQUE, DON A ISABELLE
DON ROQUE
En fin de compte, don Juan s'en va.
Comment ! Où va-t-il ?
DON ROQUE , à part.
C'est peutrêtre la source de ses pleurs. (Haut.) Aujourd'hui même, il doit s'embarquer. Que dis-tu de cela ?
DONA ISABELLE
Mais... rien.
DON ROQUE
Le vent est favorable pour lever l'ancre; et, suivant moi, don Juan fait fort bien de s'en aller en Amérique. Là , s'il s'adonne au commerce , il a devant lui un précieux avenir. Du reste , puisqu'il s'y est déterminé, il doit savoir pourquoi et pour quel pays il part; car il est bien loin d'être un sot. Qu'en dis-tu?
DONA ISABELLE
Je ne dis rien, monsieur.
DON ROQUE
C'est un jeune homme plein de prévenances, un jeune homme charmant enlin. Dieu! que j'ai donc été heureux d'avoir pu Tabriter sous mon toit ! Pas
pour longtemps, par exemple; mais assez pour reconnaitre en lui toutes les qualités d*un cavalier accompli. Que t'en semble, Isabelle? sui&-jc dans le vrai?
DONÂ ISABELLE.
Sans doute, monsieur; c'est l'exacte vérité.
Tu es triste?
DONA ISABELLE
Non, monsieur.
DON ROQUE
Cela ne te fait donc pas plaisir de causer de notre hôte?
DONA ISABELLE
A moi? En quoi cela peut-il m'intéresser?
DON ROQUE , tirant sa montre.
Tu as raison. Ah, çà! mais il est déjà tard.
DONA ISABELLE
Vous sortez encore?
DON ROQUE , mettant son manteau et son chapeau.
Oui , j'ai mille choses à faire. Muftoz aussi va sortir tout de suite. Lorsque Muftoz sera sorti, faites bien attention l'une et l'autre si le chien aboie, on si quelqu'un sonne a la porte. Adieu, petit ange! (A part.) Toi , tu mordras à l'hameçon !
(Usort)