ACTE m, SCÈNE Iff. {}i
Je ne sais pas si elle est menteuse, mais elle Ta dit, etc*est certain.
DON ROQCË.
Enfin, dans toute cette maison je ne rencontrerai donc plus que des gens pour me torturer, pour empoisonner toute mon existence?... L'odieuse créature ! Si j'allais la saisir par les cheveux , et lui appliquer, à la luronne, une telle volée. . . (H se promène ftiri«iu mr le théâtre.) Bonté du ciel! que Faut-il faire? Mais, grand Dieu! puisque ce jeune homme est dans l'intention de quitter aujourd'hui même Cadix; puisque , en définitive , il s'en va et nous laisse en paix ; puisque je l'ai vu sur la plage, attendant le canot qui doit le mener à bord; puisqu'il a pris congé de moi; puisque le moment du départ approche, et que d'un instant à l'autre on peut entendre le signal; par saint Antoine! pourquoi l'avoir prié de reparaître ici ?
MU^OZ
C'est avec le fils de ma mère qu'il faudrait venir jouer ce jeu-là !
DON ROQUE
Mais en pareille aventure que ferais-tu ?
MUIÏOZ.
Je sais fort bien, moi, ce que je ferais.
DON ItOOUE.
Mon garçon, je t'en supplie par le grand saint lean...
MU^OZ
Le voilà déjà qui revient m'obséder avec tous les saints du calendrier.
DON ROQUE
Dis*moi, que ferais-tu si tu étais don Roque à cette heure ?
MU^'OZ
Si j'étais don Roque à cette heure, je ne laisserais pas respirer une minute l'infortuné Mufioz ; je l'étourdirais de mes plaintes, parce qu'il n'est pas sans cesse à flairer et à épier ; je lui demanderais cinq , six, vingt, trente avis... Hé quoi! vous ne m'écoutez pas?
DON ROQUE
Tiens , Munoz , la tète me bourdonne comme un tambour, Voyons , trêve de réflexions , et décide-toi à faire ce que je t'ai dit.
MU^OZ
A faire quoi?
DON ROQUE
Tu ne t'en souviens donc plus?
MUfïOZ.
Pe quoi , monsieur?
C'est juste. . . Âh çà , je suis donc fou ! /
MUÂOZ.
Qui prétend le contraire? ^
DON ROQUE
Au fait, si je ne lui ai rien dit... Voici la chose :