ACTE III, SCÈNE X. lOÎ
erreur passée , mes souffrances , et vos caresses hypocrites! Ah!... Mais que fais-je?... Non, j'oublierai. (11 tire de son habit plusieurs leUres.) Qu^elleS périssent,
qu'elles périssent, ces lettres! Je croyais y trouver comme l'écho d'une voix douce et consolante : mais elles sont de vous, madame; elles ont été dictées par la trahison. Regardez-les! Oh! c'est bien votre
écriture... Mais que tout disparaisse , tout, jusqu'au
souvenir !
(Isabelle essaye vainement de le calmer.) DONÀ ISABELLE.
Que faites-vous? 0 mortelle douleur!
DON JUAN
Non, laissez-moi, laissez-moi!
DONA ISABELLE
Au nom du ciel , monsieur !
DON JUAN
Non, je ne les veux plus voir. Elles me rappellent trop vos perfidies !
( Il déchire les lettres. > DONA ISABELLE.
Infortunée! Ce dernier coup les surpasse tous. Partez , monsieur !
DON JUAN
Eh bien, soit, cruelle!
( U sort. ) DONA ISABELLE.
Seigneur mon Dieu, prenez pitié de moi! Tout mon sang se glace dans mes veines.
( Elle sort par la porte de f^auche. )