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CHAPITRE Vlil

s^ 1 — Première détermination de la masse des comètes

La comète de I cxell et les calculs de Laplace. v Faiblesse de masse de la plupart des comètes, déduites de l'absence de perturbations subies par la Terre, par les autres planètes ou par leurs satellites.

Depuis lougtemps, les gens éclairés ue croieut plus aux iuflueiices mystérieuses des comètes sur les événemeuts humains : mie telle croyauce eu effet suppose un esprit eiicliu aux idées mystiques et à un surnaturalisme quelque peu extravagant ; elle dénote en outre ime complète ignorance des phénomènes astronomiques et physiques. Cette superstition dont nous avons donné tant d'exemples dans les siècles passés, est en train, avec bien d'autres, de finir son temps.

Mais si les comètes, par leurs apparitions inattendues, ne viennent plus annoncer au monde quelque gi'and événement, quelque catastrophe, ne sont-elles pas capables d'agir plus directement pour bouleverser notre planète, soit en la troublant dans ses mouvements, soit même en la heurtant dans une rencontre qui pourrait êlre, pour les habitants de

la Terre, la catastrophe finale? Nous examinerons plus loin les probabilités d'une telle rencontre, et les effets qu'elle produirait sur notre globe et sur ses habitants. Mais il est aisé de comprendre que ces efifets dépendraient alors, en grande partie, de deux éléments de la comète dont nous n'avons rien dit encore, de sa masse et de sa densité.

J'ai cherché ailleurs * à donner une idée élémentaire des méthodes que les astronomes emploient pour calculer la masse d'un astre, la quantité de matière qu'il renferme, comparée h celle du globe solaire ou de la Terre, pour le peser en un mot : je me permettrai d'y renvoyer ceux de mes lecteurs qui ne sont point familiers avec les questions astronomiques de ce genre ; ces méthodes sont diverses, mais elles sont toutes basées sur le principe de la gravitation universelle. Arrivons donc aux résultats eux-mêmes, et voyons ce qu'on sait des masses cométaires.

Nous avons vu que certaines comètes, en parcourant leurs orbites, se sont approchées de plusieurs planètes, de Jupiter et de Saturne, de Mars et de la Terre,* assez près pour éprouver dans leurs mouvements des perturbations sensibles. Ces perturbations, qui altèrent la forme et les dimensions de l'orbite, ont été prédites et calculées d'avance ; et l'observation a prouvé que les accélérations ou les retards assignés par la théorie étaient dus, comme celle-ci le suppose, à l'action troublante des masses planétaires. Si les masses des comètes étaient du même ordre de grandeur que celles des planètes, leurs effets eussent été de même nature, et l'on aurait réciproquement constaté dans les mouvements de Jupiter ou des autres planètes des altérations sensibles. Rien de pareil n'a été reconnu.

Prenons pour exemple la comète de 1770 ou de LexcU,

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