THÉORIE DES PHÉNOMÈNES COMÉTAIHES
tilisô la substance coraétaire qui s'élève par la diminution de sa pesanteur spécifique, atteint la surface libre et tend à la dépasser, pour s'écouler dans l'espace, comme nous venons de le dire. Toute cette matière qui abandonne ainsi, non-seulement le noyau mais l'atmosphère cométaire, se résout alors en particules indépendantes de la comète, « en mi tourbillon de poussière composé d'un nombre indéfini de molécules sans liaison * . Si elles restent encore agglomérées sans se dissiper, c'est que leur mouvement est à peu près le même, à raison de la vitesse commune qu'elles possédaient primitivement. »
Telle est, dans ses traits principaux, la théorie à laquelle M. Roche lui-même donne le nom de théorie dés marées cométaiî^es. Elle ne met enjeu que la gravitation et la chaleur. Il s'agit de savoir si les phénomènes observés s'accordent avec les résultats de l'analyse. Notamment en ce qui concerne les appendices des têtes des comètes, est-elle suffisante pour expliquer la formation et le développement des queues? Cette question que s'est posée M. Roche est résolue
1. C'est l'expression qu'emploie M. Roche dans son Mémoire. Elle est vraie sans doute, si Ton considère cette poussière molécule à molécule ; mais est-il vrai de dire en général que celles-ci n'ont plus de liaison? Elles sont toujours soumises et à la gravitation vers le noyau et à la gravitation vers le Soleil : celte dernière étant prépondérante, le système des molécules écoulées existe toujours pour deux raisons : premièrement, parce que rien ne prouve que les molécules aient perdu toute action mutuelle ; secondement, parce que leur ensemble continue à graviter vers le Soleil : ce que prouve bien d'ailleurs la solidarité apparente des comètes et de leurs queues. Maintenant, toute cette matière abandonnée ne revient-elle plus en totalité à la comète ? H est probable, il est possible, si elle est toujours douée de la gravitation (et comment Taurait-elle perdue 7), qu'elle est attirée par le Soleil ou quelque autre planète rencontrée qui bénéficie des pertes de la comète ; d'autre part, comme la vitesse acquise lui fait suivre en grande partie le mouvement de la comète dans son orbite, il doit arriver qu'à une certaine distance du périhélie, l'action prépondérante du Soleil cessant pour faire place à celle du noyau, la matière écoulée regagne les limites de l'atmosphère cométaire, puisque la surface libre se dilate dans la seconde moitié de l'orbite à mesure que la distance au Soleil augmente.
:m LES COMÈTES
par lui-raême négativement : « Si cette théorie, dit-il, snffisait pour tout expliquer, c'est-à-dire si Tattraclion du Soleil et celle du noyau étaient les seules influences intervenant dans le phénomène (il y a en outre la chaleur), il existerait un accord constaut entre l'observation et les conséquences que je viens d'indiquer. Toute comète aurait, non point une queue unique, mais deux queues directement opposées. Cetle circonstance, qui s'est rencontrée chez la comète de 1 824 et chez quelques autres, est pourtant exceptionnelle ; on n'observe ordinairement de queue qu'à l'opposite du Soleil. A la vérité, la queue antérieure est souvent remplacée par une aigrette brillante qui peut être considérée comme une queue rudimentaire. Il y a toutefois dans l'aspect des comètes une telle absence de symétrie, qu'on est obligé de reconnaître l'insuffisance de notre théorie des marées cométaires : elle n'explique qu'une partie des phénomènes. »
Il se demande alors si ce défaut de symétrie ne s'explique point en partie par l'inégalité d'action des rayons de la chaleur solaire sur les portions antérieure et postérieure de la comète. Dans une certaine mesure, oui. Mais il reste à rendre compte de l'étendue extraordinaire des queues opposées au Soleil, de l'arrêt de développement de la seconde queue, de la forme des aigrettes qui paraissent refouléeS; recourbées en dehors pour aller se disséminer dans la queue. Ainsi se présente la nécessité de faire intervenir une force nouvelle, une force apparente ou réelle, exerçant sur la matière cométaire une action répulsive.
A l'époque où notre savant compatriote venait de publier les premiers mémoires résumés plus haut, la comète de Donati avait attiré l'attention des astronomes par les faits singuliers que l'observation avait révélés dans la structure du noyau de la nébulosité et de la queue. M. Faye, reprenant l'hypothèse de Kepler, d'une force répulsive n'^ellc