‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 102 sur 409 · LES ESPRITS FAMILIERS DE L 'ANCIEN TESTAMENT · texte numérisé non relu

LES ESPRITS FAMILIERS DE L 'ANCIEN TESTAMENT

L'Ancien Testament nous révèle un genre tout particulier de chercher à dévoiler les secrets de la Providence, — en consultant les esprits familiers, — les Oboth^ comme on les appelait. ^ Cette expression semble n'être qu'un terme elliptique pour désigner ceux qui avaient un ob\ et les caractères en question sont plus complètement décrits dans le Lévitique, ^ comme étant ceux qui, hommes ou femmes, avaient en eux un oh ; — c'est-à-dire un esprit de python ou de divination. La sorcière d'Endor appartenait à cette catégorie. Elle est appelée une maîtresse d'o^, et Saiil lui demanda de lui prophétiser par Yob^ — selon la Bible anglaise, par V esprit familier . Il paraît que ce n'est pas autre chose qu'un terme pour désigner un nécromancien, — une personne qui faisait profession d'avoir des conversations familières avec les âmes des trépassés, et prétendait en obtenir des connaissances inaccessibles aux autres au sujet des dessins de la Providence et de l'issue de la vie. Les réponses données aux questions et que ces nécromanciens acceptaient pour des révélations, étaient prononcées par la forme desséchée et effrayante d'une apparition, et d'une A^oix criarde et glapissante. Isaïe y fait allusion, lorsque,.

1 Lev. XIX. 31.

2 Ibid. xx. 27.

parlant de Jérusalem dans son prochain état de ruine et de désolation, il représente la ville « pareille à la voix d'un ob sortant déterre»; ^ — la voix d'une personne plus morte que vivante, grimaçant et criant. La nécromancie, et on en peut dire autant du spiritisme, prit naturellement, entre les mains d'hommes habiles et trompeurs, et grâce à des notions superstitieuses, une grande extension parmi les païens relativement aux esprits ou mânes des défunts. On supposait que ces esprits entraient dans un état de demi-dieux après leur mort; et, dans cet état conservaient des relations occasionnelles avec certaines personnes et certains lieux sur la terre. Il en résulta ce que l'on pouvait en attendre : des personnes rusées exploitèrent cette croyance superstitieuse, et donnèrent libre cours à leurs desseins de fraude et d'imposture. 2

lO. EN QUEL SENS LE SPIRITISME EST DÉFENDU ET POURQUOI

Dans cet antique état de choses nous trouvons beaucoup de la théorie du spiritualisme moderne. Nous savons que ce système n'est pas inconnu à la théologie mystique chrétienne qui nous donne une direction et des règles pour découvrir les visions et apparitions démoniaques. Par conséquent, nous ne nions pas que des choses telles que celles qui sont attribuées à l'action des esprits, puissent exister et existent réellement. Mais cette pratique d'invoquer les esprits, ou de communiquer avec eux par des moyens inconvenants et illicites, est un péché grave contre le premier commandement, contre l'honneur et le culte dûs à Dieu. Il n'est donc

1 Is. XXIX. 4,

2 Voy. Diet. Imp. de la Bible : Divination.

pas permis de consulter les esprits par rintermédiaire des personnes qu'on appelle des médiums, ou selon les systèmes de l'ancien et du moderne spiritisme. Dès lors il est défendu de coopérer ou d'assister à des consultations de ce genre. La raison est celle qui a été donnée par les Pères du Synode de Baltimore : consulter les esprits pour connaître des choses cachées ou secrètes, surtout ayant trait à la vie future, à l'état des trépassés, est certainement de la divination; et, une telle connaissance, quand on l'obtient, doit nécessairement être attribuée à l'intervention satanique, puisqu'elle ne comporte pas une autre explication.

II. EXTRAITS DE PUBLICATIONS AMERICAINES POUR PRÉVENIR CONTRE LE SPIRITISME

Je puis ajouter un ou deux extraits de publications américaines sur ce sujet, tels qu'ils sont rapportés par Fr. Mûller dans ses instructions sur le premier commandement. Mr. J. F. Whitney, éditeur du New-Yorh Pathfinder, était jadis un zélé partisan du spiritisme, et publia nombre d'articles en sa faveur. Ecoutons ce qu'il dit: «Or, après avoir examiné longtemps et avec suite, après avoir vu pendant des mois et des années les progrès et les expériences pratiques du spiritisme sur ses adeptes et ses médiums, nous sommes forcé de dire en toute sincérité notre conviction : c'est que les manifestations produites par des médiums reconnus, qu'ils frappent^ grincent et écrivent, ou par des médiums de rencontre ont une influence funeste sur ceux qui s'y livrent, et n'amènent que désordre et confusion. En général, l'enseignement de ce système inculque des idées fausses, avance des

principes et des théories qui ravalent les hommes et les rendent presque pires que des brutes. »

Le même auteur dit encore : « Les prétentions du spiritisme sont très hautes; mais il y a une abondance de preuves qui montrent que, loin d'être le Christianisme ranimé, il est peut-être le pire ennemi que le Christianisme ait jamais rencontré. C'est le dernier gigantesque effort de Satan pour substituer son culte infernal au culte de Dieu. Les pièges du démon sont habilement tendus. C'est par milliers et par millions que se comptent déjà ses victimes et ses dupes. De loin en loin, nous entendons les avertissements de l'une de ces victimes qui a échappé à son pouvoir, comme le marin d'un naufrage ; mais la plupart des partisans trompés de Satan, une fois qu'ils ont été 'initiés au cercle spiritualiste, sont semblables à des matelots au milieu d'une épouvantable tempête, — leur perte semble inévitable.»

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