‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 125 sur 409 · TROIS QUESTIONS A ÉLUCIDER · texte numérisé non relu

TROIS QUESTIONS A ÉLUCIDER

Pour comprendre parfaitement la nature de ce crime, nous avons trois questions à élucider: (i) Q.u'entend-on par une chose spirituelle par rapport à la simonie? (2) Qu'entend-on par une chose temporelle ou son équivalent ? (3) En quoi consiste le contrat de vendre ou d'acheter ?

(i) Q.u'entend-on, dans le cas présent, par une chose spirituelle ? Ce terme désigne toute chose surnaturelle, ordonnée en vue du salut, soit formellement, comme la grâce ou les dons du Saint-Esprit ; la cause de ces dons, tels les sacrements, les prières, les sacramentaux, etc. ; les effets ou l'usage de ce pouvoir surnaturel, comme la consécration, l'absolution, les dispenses, les bénédictions, la collation des bénéfices, et les autres actes de juridiction.

Par choses annexées aux spirituelles, nous devons entendre celles qui, bien que non spirituelles en elles-mêmes, sont néanmoins liées à quelque chose de spirituel de l'une des manières suivantes: (i) antéccdemment^ lorsque la chose temporelle précède la spirituelle, comme le patronage relativement aux bénéfices, les vases et les ornements sacrés par rapport aux sacrements; — (2) concurreininenf, comme le travail intrinsèquement et nécessairement lié avec l'œuvre ou l'action spirituelle ; par exemple, se tenir debout à l'autel pendant qu'on dit la messe, ou l'espace de temps nécessaire pour la célébration de la messe ; — (3) conscqiiemment, ce qui suit l'action spirituelle, mais la présuppose, comme le revenu d'un bénéfice.

Le travail intrinsèque qui n'est pas nécessairement lié avec la fonction sacrée, n'est pas regardé comme chose spirituelle

OU annexée à la chose spirituelle ; par exemple, une longue course, un jeûne prolongé, un retard et chanter la messe.

L'entretien de la personne qui subvient à nos besoins spirituels, ne doit pas être considéré comme une chose spirituelle ; et, par conséquent, il n'y a pas simonie à donner ou à recevoir de l'argent, non comme un payement, mais comme offrande, même à l'occasion du travail intrinsèque lié à l'action spirituelle.

La charge ou le devoir d'approprier l'église, d'en prendresoin, de porter et ensevelir les morts, ne sont pas des choses spirituelles.

Instruire les autres de la sainte doctrine est spirituel, si l'instruction n'a pour but que le bien spirituel du prochain : d'où il suit qu'il y aurait simonie à recevoir des salaires pour instruire les convertis ou enseigner le catéchisme. Il ne serait point permis de recevoir un payement pour l'étude et le travail exigés par ce devoir, parce que l'étude et le travail sont intrinsèquement liés à cette œuvre. Il en est de même pour le temps et le travail consacrés à la préparation d'un sermon. Autre serait le cas, si l'instruction tend à l'avantage ou au bien temporel d'un autre, à l'utilité, à l'honneur, au délassement et aux plaisirs du prochain, comme quand il s'agit d'enseigner la Sainte Ecriture, la théologie, le droit canon, etc. Saint Thomas affirme clairement que celui qui enseigne une science peut recevoir un juste salaire en retour de son travail. ^

(2) Choses temporelles. — Par chose temporelle, au point de vue de la simonie, il faut entendre tout ce qu'on donne ou promet pour une chose spirituelle. La loi canonique

I 2, 2, — 190; art. 13 ad 8.

distingue ou divise les choses temporelles en trois classes que Ton désigne par des termes latins techniques: (i) Miinus a mamiy — ce qui indique de l'argent ou l'équivalent, en meubles ou immeubles. (2) Munus a lingua^ — ce qui signifie faveur, protection, recommandation par pacte ou accord mutuel. Cela veut dire, rendre service à quelqu'un pour en obtenir un bénéfice ou une charge spirituelle pour un ami. (3) Munus ab obsequio, — c'est enseigner ou servir dans les choses temporelles pour obtenir les spirituelles. Cette expression indique tout travail fait dans l'intérêt et pour l'utilité d'un autre, par exemple, prêter quelque chose, rendre service, remplir une charge ^r^^/s pour lui, ou moyennant un salaire moindre, dans le but d'en obtenir un bénéfice. D'après tout ce qui précède, on voit combien sont rigoureuses les lois de l'église au sujet de la simonie et de tout ce qui s'en rapproche.

(3) Achat et vente. — En matière de simonie, par acheter ou vendre on entend un contract onéreux, par lequel on a l'intention d'obliger quelqu'un à recevoir une chose spirituelle comme prix d'une chose temporelle, ou une chose temporelle comme prix d'une chose spirituelle. Il n'est pas nécessaire qu'il y ait contract formel, il suffit qu'on ait l'intention, implicite ou tacite, d'obliger ou d'amender un homme à céder une chose spirituelle pour un don temporel, une récompense ou un payement.

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