‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 135 sur 409 · II. Le vœu d'une entière et perpétuelle chasteté · texte numérisé non relu

II. Le vœu d'une entière et perpétuelle chasteté

III. Les vœux de faire un pèlerinage: (i) à Saint-Pierre, de Rome; (2) au Saint Sépulcre, à Jérusalem; (3) à l'église de Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Les évêques peuvent quelquefois dispenser de ces vœux simples réservés au Pape ; — à savoir, dans un cas de nécessité, dans les cas de doute, et aussi par pouvoir délégué.

(4) Commutation des vœux. — La commutation d'un vœu signifie le changement de son obligation d'une matière à une autre. Ce changement peut porter sur quelque chose de moindre que ce qui était l'objet du vœu, sur une chose qui lui est égale en valeur, ou sur quelque chose de plus grand et de meilleur. Lorsque la commutation a pour but quelque chose de moindre, il faut nécessairement une autorité externe et un juste motif, puisque c'est une dispense partielle. L'opinion la plus probable veut que ces deux conditions existent également, quand il s'agit d'un changement en une chose égale. La commutation en une chose plus grande et évidemment meilleure peut se faire de son autorité propre et sans aucun motif. Il est d'usage, que, pendant le temps d'un jubilé, tous les confesseurs ont le pouvoir de commuer les vœux, sauf les vœux, de chasteté perpétuelle et de religion.

En dehors du temps d'un jubilé et dans tous les cas, ceux qui ont le pouvoir de dispenser des vœux, ont aussi le pouvoir de les commuer. Et ceux q^ui ont la faculté ou le pouvoir de dispenser, exercent ordinairement ce pouvoir en commuant, les vœux en une bonne œuvre différente de celle qui avait été promise. Personne, de son autorité privée, ne peut commuer les vœux réservés au Pape, lors même que le changement pourrait être considéré comme meilleur et plus

avantageux. Egalement, il faut se rappeler que nul ne peut dispenser ou commuer un vœu, dont la dispense ou la commutation serait préjudiciable à un tiers; par exemple, un vœu fait en faveur des pauvres ou de quelque autre personne, et qui aurait été préalablement accepté. La dispense ou la commutation ne peut avoir lieu sans l'agrément de ces personnes et la cession du droit acquis.

Quelques exemples des changements, qui ont lieu ordinairement pour les différentes espèces de vœux, donneront plus de clarté à ce sujet. Ainsi: (i) Un vœu de chasteté peut être commué en celui de chasteté conjugale, en la confession et la communion mensuelles, en la récitation quotidienne d'un tiers du Rosaire, en un jeûne tous les vendredis. (2) Un \œu de religion peut être changé en celui de l'état sacerdotal, de la chasteté conjugale, de la récitation quotidienne de l'Office divin, du Rosaire entier, ou de la confession et de la communion bi-mensuelles. (3) Le vœu désordres sacré? sera changé en celui de la récitation quotidienne de l'Office de la Sainte Vierge, . du rosaire, des sept psaumes de la pénitence avec les litanies, de la confession et de la communion hebdomadaire, ou en un vœu de chasteté, ou d'un jeûne un jour par semaine. (4) Un vœu de pèlerinage peut être commué en celui d'une confession, d'une communion et d'une visite à des lieux saints, en tenant compte de la nature et des frais du pèlerinage, de façon à garder une certaine mesure et une certaine proportion avec les autres bonnes œuvres prescrites.

Ces quelques exemples nous montrent clairement ce qu'on entend par la commutation d'un vœu. Il faut toujours, comme je l'ai déjà dit, qu'il y ait un motif juste, quand le changement doit se faire en une œuvre égale ; et un motif

plus grave, lorsque le changement doit avoir pour but une chose moindre. S'il n'y a aucune raison ou aucune cause de commuer un vœu, ce serait une faute grave de le changer en une chose moindre ; ou la commutation serait nulle et sans effet ; par exemple, de substituer au vœu de jeûner un jour la récitation de cinq Pater et Ave. Après que la commutation a été accordée, la personne qui a fait vœu, peut revenir au premier objet de son vœu, de préférence à l'œuvre qui y a été substituée, parce que la commutation est en sa faveur. Mais si elle n'accomplit pas le premier vœu, elle est certainement tenue, par la vertu de religion, de faire la chose indiquée par la commutation ; et cela, sous peine de péché mortel ou véniel, suivant qu'il y a gravité ou légèreté de matière. Si l'œuvre substituée devenait impossible, ou une matière impropre à l'obligation, la personne qui a fait vœu, ne serait pas obligée de revenir à son premier vœu, mais serait entièrement libérée de son obligation. Tel est le cas, chaque fois que le changement doit être fait par une autorité externe.

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