MANIÈRE DE L'OBSERVER PARMI LES JUIFS
Ce précepte défendait aux Juifs tout travail qui n'était pas nécessaire ; et tous ceux qu'on trouvait à travailler le jour du sabbat étaient lapidés. Au livre des Nombres, nous lisons qu'un homme fut lapidé pour avoir ramassé du bois le jour du sabbat. Notre-Seigneur a sévèrement condamné l'idée que les Juifs se faisaient du sabbat ; et le sens du commandement ressort très clairement des paroles de notre Sauveur. Je dois donner ici un aperçu de la manière dont les Juifs l'observaient.
i exod. xx. ii.
2 Deux. v. 15.
3 ExoD. XXXI, 16, 17.
Ce septième jour de repos, le sabbat, ne se limite pas à un jour de vingt-quatre heures, mais se continue encore. Dieu ne s'arrête point de travailler au bonheur et à la conservation de l'homme : «Mon Père travaille encore maintenant^ et je travaille aussi, » dit le Christ, Fils de Dieu.
Il faut aussi se rappeler que le septième jour de Dieu inaugura le premier jour de l'homme sur la terre. Dieu a voulu que ce jour de repos, le septième jour solaire, fût gardé à perpétuité pour le bien de l'humanité, et il le sanctifia, le réservant pour de pieux desseins.
Voyant qu'il était négligé, nous pouvons supposer, sans qu'il soit fait par les patriarches aucune mention de son observance, — à moins que les allusions de la Genèse, ^ à la semaine de sept jours, n'impliquent l'observation du septième ; — nous pouvons supposer que le sabbat fut sévèrement imposé aux Israélites par la double provision de la manne, dans le désert, le sixième jour, et par son absence^ le septième ; et, un peu plus tard, par une injonction formelle de son observance introduite dans les dix commandements, qui furent donnés à Moïse par Dieu lui-même, sur la montagne du Sinaï : «Souvenez-vous de sanctifier le jour du sabbat..., etc. »
Ce mot « soîwene:(-voîi s » nous fait naturellement conclure que la loi du sabbat n'avait pas été complètement oubliée. Nous savons, en outre, que la semaine de sept jours a prévalu parmi toutes les nations depuis les temps les plus reculés.
Si les jours de la création furent réellement six périodes d'une immense durée, et non pas simplement six jours naturels de vingt-quatre heures, alors, nous pouvons supposer
I Gen. XXIX. 27, 28 ; VIII. 10, 12.
que le travail de six jours et le jour du sabbat du troisième commandement sont des types commémoratifs delà création, désignés pour imprimer perpétuellement sur la race humaine l'origine de l'homme et ses devoirs envers son Créateur. ^
Sous la loi mosaïque, nous avons les fêtes sabbatiques, et la première était le sabbat hebdomadaire^ ou le jour de repos. Dans la supposition que Dieu institua le sabbat à la création, pour le bien de l'homme, dans son intérêt temporel aussi bien que dans son intérêt spirituel, il est probable qu'il avait cessé pendant que les Israélites étaient en Egypte: d'où viendrait le mot soiivene^-voiis au début de ce commandement.
Dans sa célébration, les Juifs tenaient de saintes réunions ou assemblées pour le culte public, et tout travail était prohibé pour l'homme et pour les animaux. Après la captivité on y ajouta d'autres restrictions. Aucun marché n'était permis; (N X. 31), ni aucun voyage au-delà des trois quarts d'un mille. Il n'était pas permis de guérir un malade, d'emporter un lit, de cueillir des épis de blé, comme nous le voyons par le récit évangélique. Le ministère sacerdotal au service du tabernacle était changé; on brûlait le double d'offrandes, et le pain de proposition était ordinairement renouvelé ce jour-là. (Lév. XXIV. 8).
6. MANIÈRE DONT NOTRE-SEIGNEUR l'a OBSERVÉ: SES PAROLES SUR CE JOUR.
« La manière dont Notre-Seigneur observait le sabbat est un des traits principaux de sa vie, et celui que ses adversaires pharisaïques épiaient et critiquaient le plus vivement.
I Voy. Pinnock: La Bible et l'Histoire Contemporaine.
Ils avaient inventé une foule de prohibitions touchant le sabbat, et dont nous ne trouvons pas trace dans sa première institution. Q.uelques-unes de ces prohibitions étaient fantastiques et arbitraires... Cette perversion du sabbat était devenue générale du temps de Notre-Seigneur: « c'est ce que nous montrent clairement les objections qu'on lui fit à l'occasion de ses actes en ce jour, et sa conduite marquée dans les occasions qui pouvaient donner lieu à ces objections. » ^
Le Christ permettait les œuvres suivantes le jour du sabbat: (i) Les œuvres de nécessité. — Le Christ justifia ses disciples d'avoir cueilli et égrené des épis le jour du sabbat.
(2) Les œuvres de miséricorde. — Le Christ a déclaré qu'il est permis de faire le bien le jour du sabbat, ^ , et il a luimême accompli les œuvres suivantes:
La guérison de l'homme à la main desséchée; Celle du paralytique à la piscine de Bethsaïde; La femme infirme; L'homme hydropique; L'aveugle-né.
(3) Les œuvres appartenant à un service public. — « Les prêtres, aux jours du sabbat, violent le sabbat dans le temple, et ne sont pas coupables. » 3
Notre-Seigneur a résumé son enseignement dans cette phrase: « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat, » voulant dire par-là, que le sabbat avait été institué par Dieu pour les besoins spirituels et physiques de
1 Voy. Smith: Diet, de la Bible. ,
2 S. Mat. XII. 12.
3 Ibid, xii, 5.
2 66 LES COMMANDExMENTS
l"homme^ et que Thomme n'avait pas été créé simplement pour observer le sabbat selon les règles inflexibles et arbitraires posées par les Juifs.