I. Toutes les causes judiciaires et les procès
II. Toutes les foires et tous les marchés, qu'ils soient hebdomadaires, mensuels o'i annuels. Dans certains pays, a prévalu la coutume de tenir des foires et des marchés les jours saints d'obligation, et aussi de faire toutes les transactions d'affaires publiques, soit en marchandises, soit en négociations, les contrats publics et choses semblables.
III. Toutes les œuvres serviles, comme le travail manuel pénible. Au nombre des œuvres serviles, l'usage commun met les suivantes : imprimer et relier des livres, coller ensemble des parchemins et des canevas, coudre, tricoter, faire des filets, faire des chapelets, des scapulaires, des portraits de cire, des fleurs artificielles. Et ces occupations ne sont point permises, même comme passe-temps ou récréation. Mais comme elles sont d'une nature peu pénible et facile, il faudrait, pour qu'il y eût péché mortel, y consacrer un temps plus long qu'à d'autres travaux plus pénibles.
Dans ces occupations, il serait inutile de donner comme excuse:
(i) La gratuité du travail, parce que des œuvres peuvent être serviles et défendues; lors même qu'elles ne rapportent rien. Le payement ou le gage est étranger au travail, et ne saurait en rien affecter sa licite ou son illicite, (2) L'intention du travailleur; elle ne touche pas à la question, qu'il travaille pour lui-même, pour un autre ou simplement par charité.
(3) On ne doit pas non plus apprécier un travail d'après la fatigue corporelle qu'il cause; car, certaines œuvres serviles ne fatiguent pas beaucoup le corps, comme broder et coudre, et d'autres qu'on ne regarde pas comme serviles, sont pénibles, comme jouer de l'orgue.
Qusintsiux œuvres communes ou mixtes^ — c'est-à-dire à celles qui, dans les anciens temps, se faisaient aussi bien par les esclaves que par les personnes libres, et qui exercent également, ou à peu près, le corps et l'esprit, — on peut dire en général qu'elles sont permises. Pour plus de clarté, nous devons énumérer quelques-unes des œuvres de ce genre qu'on peut faire les dimanches et fêtes, et qui sont autorisées soit parla nature même du travail, soit par la coutume. En voici quelques-unes.
I. Ecrire, lors même qu'on ne ferait que transcrire, corriger des épreuves, dessiner, copier de la musique.
II. Peindre, à moins que ce ne soit sur de larges surfaces et avec de grandes dépenses de couleurs. Il ne s'agit point ici de peintures de maison, d'ornementation, qui sont certainement défendues; — ajoutons, tirer des photographies.
III. Faire un voyage, à pied ou à cheval, en voiture, en chemin de fer, en bateau, et même à bicyclette.
IV. Tirer à la cible, chasser, pêcher, pourvu que ce soit sans grand éclat et sans grand labeur, d'une manière tranquille. Si c'est avec trop de bruit, avec grand .labeur, avec tumulte, comme l'exigent la chasse aux renards et les courses ; il semble que ce ne serait point permis, là où une coutume légitime ne l'autoriserait pas; parce que la coutume, en certains pays, permet de tenir des courses et autres amusements de ce genre, même les dimanches et jours de fête.
V. Préparer les aliments, faire la cuisine, balayer, approprier les appartements, et toutes les choses de peu d'importance qui sont nécessaires ou utiles à l'entretien du ménage.
VI. Les bouchers peuvent tuer les dimanches, s'il ne leur est pas possible autrement de satisfaire aux demandes de leurs clients; pour la même raison, les boulangers peuvent faire et cuire du pain,
VII. La coutume permet aussi certains achats, certaines ventes, des affaires qui n'exigent pas un grand labeur, et qui sont nécessaires les dimanches, comme la vente des nouveautés, du tabac, le travail des perruquiers et autres semblables.
Cette enumeration nous permet de juger des autres cas particuliers et autres sortes de travail, et comme aussi de prendre pour guide la coutume du pays. La coutume peut rendre licites des œuvres qui ne sont que légèrement serviles^ et qui sont en quelque sorte nécessaires; mais elle ne saurait excuser certains travaux serviles qui sont plus pénibles, comme labourer, bêcher, extraire du charbon des mines, et faire travailler des usines.