LA GUERRE EST PERMISE DANS CERTAINES CONDITIONS
La guerre, non seulement quand elle est défensive^ mais encore lorsqu'elle est offensive^ est juste, si elle est accompagnée des conditions voulues et requises. Nous en avons la preuve dans ce fait, que la guerre n'est contraire à aucune loi humaine ou divine. Elle n'est pas contraire à la» loi naturelie, parce que (i) parfois il n'y a pas d'autres moyens de résister à la violence d'un injuste agresseur, ou de défendre les droits d'un peuple et d'un état; et, (2) parce que la guerre a pour fin la paix et la sécurité publiques.
Elle n'est pas contraire à la loi des nations. Au contraire, il semble que la guerre a été établie par cette loi, et on la trouve mêlée à l'histoire et aux mœurs de tous les peuples et de toutes les nations. Selon le mot de Tite-Live : Jure gentium ita comparatum est, ut arma armis propulsentur. (La loi des nations veut qu'on résiste aux armes par les armes.) Elle n'est pas opposée à la loi divine, parce que, dans l'Ancien Testament, nous voyons que Dieu a quelquefois commandé aux Israélites de faire la guerre ; elle n'est condamnée nulle part dans le Nouveau Testament.
Saint Augustin dit : « Si la morale et l'enseignement chrétiens condamnaient absolument la guerre, ce conseil de salut aurait été donné, dans l'Evangile, à ceux qui le demandaient, de déposer leurs armes et de quitter le service militaire. Mais tout autre fut la réponse : « Ne faites tort à personne.
et contentez-vous de votre salaire. » Le Christ, qui ordonnait aux soldats de se contenter de leur paye, ne leur défendit point de continuer leur service militaire. Nous pouvons donc en conclure que, dans certaines circonstances, la guerre est légitime, et qu'on n'est pas toujours coupable en prenant part à une guerre. »
3. TROIS CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR qu'une guerre SOIT LÉGITIME
Trois conditions sont nécessaires pour rendre une guerre juste ou justifiable :
(i) L'autorité du monarque ou du pouvoir souverain du pays, à qui il appartient de déclarer la guerre. C'est au roi ou au chef suprême de l'état qu'est confié le soin du bien public ; conséquemment, c'est à lui qu'il appartient aussi de le protéger contre les ennemis du dehors.
(2) Un motif juste; — c'est-à-dire qu'il faut ne déclarer la guerre à un peuple ou à un état, qu'autant que ce peuple ou cet état s'est rendu coupable d'une faute grave, et a donné une raison juste et suffisante pour qu'on lui inflige le châtiment mérité.
(3) La droiture d' intention che:{ ceux qui engagent la lutte; — que leur but soit de procurer le bien ou de redresser des torts. 11 pourrait arriver qu'on ait pour soi l'autorité compétente qui déclare la guerre et une cause juste; et cependant que la guerre fût injuste par suite de motifs et d'intentions coupables, selon le sentiment de saint Augustin qui disait: « Le désir de faire du mal, la cruauté de la vengeance, un état d'esprit irrité et implacable, les barbaries de la rébellion.
la coupable ambition de dominer, — sont tout autant de choses blâmables, si elles accompagnent une guerre. »