I. SCANDALE ! DÉFINITION ET DIVISION
Il est une autre espèce de meurtre défendu parle cinquième commandement, et dont les hommes auront à répondre devant le tribunal du Christ ; — je veux dire le scandale, ou l'action de ceux qui donnent la mort à l'âme en portant les autres au péché. Ce crime s'appelle scandale ; il est le meurtre de l'âme. Comme l'âme ne peut être frappée de mort que par le péché, on peut définir le scandale : toute parole ou toute action mauvaise qui est de nature à occasionner la ruine spirituelle du prochain. Il comprend toute parole et toute action mauvaise en elle-même, ou ayant les apparences du mal, et qui, de ce chef, peut être une occasion de chute pour notre prochain.
Division du scandale. — Le scandale peut se diviser d'abord ^ïï actif q\. Qn passif . Le scandale actif est celui que nous avons défini, considéré du côté delà personne qui scandalise, et donne une occasion de ruine ; il est passif, considéré du côté de la personne scandalisée, ou qui subit la ruine spirituelle causée par les paroles ou les actions d'un autre. Ensuite, le scandale passif est donné ou reçu. Le scandale donné est réellement le résultat des paroles ou des actions d'un autre ; celui qui n'est que reçu, n'est pas le résultat proprement dit de ces paroles ou de ces actions, mais il est ou p.harisaïque, quand il ne provient que de la pure malice du pécheur, ou le scandale des faibles, lorsqu'il provient de la faiblesse ou de l'ignorance.
Cette division nous fait comprendre que, parfois, le scandale peut être en même temps actif e\. passif ; parfois, il peut être actif sans être passif, et c'est ainsi qu'on dit que le
scandale n'affecte pas les parfaits. Quelquefois, il peut être passif sans être actif, comme dans le cas du scandale pharisaïque. Le scandale peut être donné par quiconque dit ou fait quelque chose de mal devant d'autres personnes. Il peut aussi avoir lieu, en un certain sens, par suite d'une action qui n'est pas mauvaise en soi, mais qui est susceptible d'une mauvaise interprétation, et qui, dès lors, choque les ignorants ou les consciences faibles. C'est le scandale que quelques-uns appellent reçu ou accepté, plutôt que réellement donné. Celui qui n'est certainement pas donné, n'est autre que le scandale pharisaïque, — c'est-à-dire, cette sorte de scandale auquel étaient sujets les Pharisiens.