‹ Les Commissaires de l'Assemblée Législative et de la Convention Depuis la Révolution du 10 Août 1792 jusqu'en Avril 1793Chapitre 93 sur 104 · Mortimer-Ternaux, t. VI, p · texte numérisé non relu

Mortimer-Ternaux, t. VI, p

2, Les commissaires envoyés le 18 décembre à l’armée du Rhin accomplirent une tâche en tous points identique à ceux de l’armée de Belgique.

3. Séance du 1% nov. et lettre des commissaires du 7, Moniteur des 3 et 11 novembre,

jours auparavant (1), invite les Belges à établir la souveraineté du peuple; mais il ajoute que la France ne se mêlera en vien de la Constitution qu’ils voudraient adopter.

Après Jemmapes, le peuple belge se donne effectivement des administrations provisoirss élues dans les diverses provinces du pays; mais paraît peu disposé à voter son incorporation à la Francz. Notre installation en Belgique demeure précaire et bientôt apparaissent des difficultés presque insurmontables, résultant notamment de la dépréciation des assignats qui oblige à des paiements en numéraire et rend laborieux l’approvisionnement de l’armée (2). Cependant, les commissaires de la Convention, surtout Delacroix et Danton, ne voient de remède que dans l’annexion dont ils se font les apôtres. « Le salut de la République écrivent-ils, est dans la Belgique, et ce n’est que par l’union de ce riche pays à notre territoire que nous pouvons rétablir nos finances et continuer la guerre (3). »

Le 12 décembre, Camus arrive donc à Paris, chargé par ses collègues de « présenter des vues » sur l’établissement de la circulation des assignats dans les Pays-Bas. Il confère deux jours durant avec les comités de la guerre,

4 Manifeste au peuple de Belgique, correspondance Dumous riez Pache, p. 39.

2. Ibid., p. 249, 251; Mémoires de Dumouriez, III, 198-200 ; Chuquet, IV, 191.

3, Deuxième rapport des commissaires de la Convention (Lettre du 17 février; cf, Rec. Aulard, II, 152). Dumouriez, mém. {l:, 296.Le général nomme Danton et Delacroix les véritables auteurs du décret du 15 décembre.

des affaires étrangères et des finances sur un projet qui « assurait notre état politique dans la Belgique (1) ». Puis le 45 décembre, Cambon monte à la tribune et, selon le mot d’un journal, tranche dans le vif (2). Dumouriez, dit-il en substance, s’est contenté dé faire des adresses, et le peuple belge n’a pas eu la force de rompre se fers. Les français doivent donc se déclarer « pouvoir révolutionnaire » dans les pays où ils entrent; ils doivent tout détruire pour tout rebâtir; ils doivent établir le système populaire, renouveler toutes les autorités, confier Le pouvoir aux sans-culottes. Ils prendront pour gages des frais de la guerre les biens des princes et de leurs partisans, des églises et des communautés. Le peuple affranchi se réunira en assemblées primaires pour nommer des administrateurs et des juges provisoires; mais on ne l’abandonnera pas à lui-même : la Convention et le Conseil exécutif lui enverront des eom missaires.

L'Assemblée adopte les conclusions de Cambon et rend le décret du 15 décembre que nous connaissons déjà (3).

Le procédé de réunion ainsi adopté est appelé « le système départementaire » Au lieu de constituer la Belgique en République et de réunir cette République à la France, c’est successivement les diverses provinces du pays qui sont organisées en départements et rattachées à la République française une et indivisible.

1. Comité militaire, séance du 12 décembre, A. N.: Recueil Aulard, 1, 307, 308.

Page 1