LORR1N
Et je la partage!
LAMBERT
Mais, dans ce cas-là, père Guillaume, il n*y aurait que des omriers, qui ne pourraient jamais devenir des entrepre-
MADELEINE, lai spjxwtsiit an siège.
Voilà, mon oncle.
GUILLAUME, tMieyaat.
Ma foi. mes enfants, je suis enchanté de vous rencontrer, vu que j ( ai une bonne nouvelle à vous apprendre.
TOUS
Une bonne nouvelle?
MADELEINE
Dites vite, mon oncle.
GUILLAUME
\"là ce que c’est, mes enfants : décidément j’entre dans l’entreprise.
LAMBERT
Ah bah!
XIZINE.
Comment, père Guillaume, vous allez faire travailler?
MADELEINE
Et à votre propre compte?
CUILLAUME.
Dame! m’est avis que j'ai assez travaillé pour le compte des autres, et que je peux bien à mon tour...
LORRIN.
Travailler pour le vôtre?
Je ne dis pas... mais, pour être entrepreneur...
GUILLAUME
Eh ben?...
LAMBERT
Dame !...
GUILLAUME
Dame, quoi?
LAMBERT
Faut avoir...
GUILLAUME
Des écus?... Eh ben, v’ià cinquante ans que je travaille le moellon, que je gâche le plâtre, et que je trime depuis six heures du malin jusqu'à six heures du soir... ça serait bien le diable si je ne m'étais pas amassé quelques pièces de cent sous!...
LORRIN.
Et que vous les avex bien gagnées.
GUILLAUME
Ainsi, à ton dire, il faut absolument savoir écrire en bitarde, pour faire de l'entreprise?..
LAMBERT
El lire, et compter!., oui!
GUILLAUME
Kl pourquoi ça? L’homme qui connaît à fond la partie, qui sait le prix des matériaux quai achète, qui connaît la valeur de chaque ouvrier qu’il emploie, qui paye comptant, et qui fait de sa tète son grand livre, celui-là ne vaut-il pas autant que celui qui n’est occupé qu’à mettre du noir sur du blanc?
LORRIN.
Sans compter qu’à force d'aligner des chiffres, et de connaître la soustraction... il y en a beaucoup qui posent zéro et qui retiennent tout.
GUILLAUME
Ah! ah ! ah! ça s’est eucore vu ça... (sc levant.) Croyez-moi, les enfants, dans le régiment de la (ruelle, les meilleurs officiers sont ceux qui liseut le moins et qui gâchent le mieux. Air : De met légèretés vous eottnaistes la U*l« énorme.
Nom sommes les soldait Du régiment de la truelle;
Ce régiment modèle Travaille et ne raisonne pat.
Depuis l'àg’ de dix ans.
Jeu porle l'uniforme ;
Heureux, je me conforme A tout tes réglements.
J'eus mes jours de combat El mes jours de victoire,
Car j'ai mit tout' ma gloire A bien f.nr’ mon état.
Chaqu' fois que de nouveau Un’ maison t’ trouvait lermiuée.
Sur le haut d’ la cli'minée Fiér'meot je plantais mou drapeau.
Dans plus d'un bataillon.
J’ai formé des recrues;
Plus d'un maître rniçon M'a servi de garçon.
D* puis qu' met bras sont moins boni.
LKS COMPAGNONS DK I.A TRUKLLE.
Quand je pas»' dam le* rue».
En comptant me* m.iivim,
Je compte mes chevrons.
El J' sui* tenté, ma fui.
D'aller, devant leurs locataires.
Dire aux propriétaires :
P»ui’l gens que seriM-voua sans mol?
Le chantier, c'est tou jour*
Comm' le champ de bataille :
L’ouvrier qui 1r.iv*llle Y risque aussi ses jours.
Jadis, quand je voyais Un garçon plein d’ courage Tomber d‘ l’échafaudage.
Aux ami* je disais :
Nous sommes les soldats Du régiment de la truelle :
Ce régiment modèle Travaille et ne raisonne pas!
(Sur I» fin du eooplet. Lambert a porté la main à «es yvux et s'ert ékMffne du père Guillaume .|
MADELEINE
Eli bien! mousieur Lambert, qu'est-ce que vous avez donc?
LAMBERT
Rien, rien.
GUILLAUME. aux autres.
Ali ! le pauvre garçon ! c’est moi qui, sans le vouloir...
Quoi donc?
GUILLAUME
Eli bien! oui, quoi... Son père s’est laissé choir d'un cinquième au-dessus de l’entre-sol... Imbécile que jo suis!., ziztiut.
Oh ! le pauvre garçon !
GUILLAUME, tendant U main à Lambert.
Pierre !
LAMBERT, la prenant.
Ça va mieux!.. Pardon... je n'ai pas élé malire... J’étais pourtant bien petit, nuis j’ai toujours devaut moi ce brancard... avec le père couché dessus...
MADELEINE, *r lotaot.
Assez ! assez ! ne parlez plus de cela.
Oui, vous avez raison, disons comme lo Dère Guillaume : c'est un soldat du travail tombé au champ d'honneur.
VOIX, an dehors.
Ohé! la coterie!..
LAMBERT
On m'appelle... Comment, déjà deux heures?.. U la fmêtrn.) La, la, ou la, ou la, ou la ou !
LORR1N, reprenant ion lac.
Je vais continuer ma visite A la ferraille...
GUILLAUME
El moi, je vas continuer mes courses... J’entame demain mes deux premières affaires; car. dites donc, j’en ai déjà deussfy une maison à Bdleville et l'autre à Chaton... U Lambert.) Je comptais même sur toi, pour te faire liinousiner un peu, mais, puisque tu es embauché!..
LAMBERT
Pour quinze jours...
LORRIN.
Et moi de même.
GUILLAUME
Pour lors, nous voirons plus tard, pas vrai ?...
LAMBERT
Tout à vous, père Guillaume.
Un dernier mot... Ce soir, je régale les camarades, pour arroser mes épaulettes d’entrepreneur; je vous invite, les amis, rendez-vous au Coq-Hardi.
LORRIB ET LAMBERT.
Merci, père Guillaume, on ira.
GUILLAUME, i Madeleine.
Dis donc, Madeleine, c'est lundi, il y aura la danse, viens, le soir, avec ton amie.
MADELEINE
Avec plaisir, mon oncle.
ZIZINE, te levant.
Avec plaisir, monsieur Guillaume ; oh! pour danser, j’irais en Chine, à pied.
GUILLAUME
Eh ben ! l’iras eu Chine, en passant par le Coq-Hardi... A
ce SOIT ! Ul régime entre Lambert et burin.) B
TOUS
A ce soir!
GUILLAUME
Air de la Corde teniible.
Ne soyc* pas relartUtalre*,
Nous avons des devoirs nouveaux :
Adieu, je vais à mes affaires,
Vous, retournes à vos travaux.
ENSEMBLE
Oui, malheur aux retardataires?
Nom avons des devoir* nouveaux,
Et, puisqu'il court à ses affaires,
Nous, retournons à nos travaux.
(Guillaume embrtme Madeleine et sort par le fond, avec Lorrin. Lambert enjambe la fenêtre et disparaît.)