SCÈNE V
CHÉRUBIN, LA COMTESSE. chérubin, arrêtant la coanictie. Oh! ne partez pas, Brigitte!
LA comtesse. Mais... on m’attend.
chérubin. Reste, je t’en prie I
LA comtesse. Mais U faut que j’aide Pébla... je suis servante. chérubin, montaient. Eh bien!., si tu es servante, tu dois me servir I.. (a pari.) Nous allons voir... (hiui, »’«»*Yjn« prw d#ii nu* du milieu, »i icadant non m) Allons, la lîllc, sers-moi... à boire!.. LA COMTESSE, art* «apmicoRrat- Tout de Suite, VOllà.
CHÉnUBIN, le letanl lont à coup ei reienent aree mpeet 1er raalai de la comtwae prèle» à aalair le flacon. Ohl non!., non!.. QlIC VOSbelIcS mains ne louchent pas ce vase grossier... A marraine!..
LA COMTESSB, riant. Marraine?.. (are* ua pin 4*a«Mriié.) Mai* je
suis Brigitte... Je suis une paysanne.
chérubin, tdwnnii. Oui... oui... vous èles une paysanne...
oui, marraine.
LA COMTESSH. Encore?.. .
chérubin, obéiauBt. Non, Brigitte... Ah! tu vois, Je su.s bien gentil, je viens de t'appeler Brigitte... tu dois être contente... Mais... qu’esl-ce que cela peut te faire?.. Laisse-moi l'appeler un peu Rosine... Veux-tu? .... . ,,
la comtesse. Dame! seigneur cavalier, si cela peut vous être agréable... ... ,
chérubin. Et puis... laisse-moi t’appeler un peu marraine ... Veux-tu, Rosine? . ..
la comtes**. Dame! si cela peut vous être encore agréable.
CHÉRUBIN. Et pui»...
la comtkssk, «« récriant. Comment? ce n est pas tout?.. chérubin. Non... Assieds-toi là... (H lai w« du»* «
fiucbe.)
U COMTESSE. Moi?.. Ct pOUPHUOl?
chérubin. Toujours pour m’ètre agréable....
la comtesssk, «ont n eéitani. Mais, je ne comprends pas... chérubin. Tu vas comprendre... Vois-tu, Brigitte, j’étais le page d’une grande et noble daine... qui te ressemblait!.. C’était ma marraine, ma protectrice, ct il a fallu la quitter. . . th bien ! quand lu es là, assise, et que je ma liens debout à tes cillés, il me semble que... que c’est nier, que Ton ne ma pas chassé du cliàtcau, que je suis encore près d’elle!., (ne*, leu* f*ut parier.) Oh ! ne dis rien!.. Que l’importe que je divague, que je m’égare dans mes illusions?.. Cela ne peut pas te faire de mal, et cela me (ait tant de plâwirl.. A Rosine!., ma belle marraine! «
la comtesse, te Urawi. Mats dites donc, Brigitte I chérubin. Oui, marraine... (se reprenait.) Oui, Brigitte... Ao fait, j’aime mieux t’appeler ainsi... car je n'osais lui dire, à cite, tout ce qu’il y avait là, dans ce pauvre cœur trouble... « Je le disais tout seul, eu courant dans le parc, aux arbres, aux nuages, au vent qui les emi»orlait avec mes {«rôles perdues... » Mais, puisque tu es une servante, je ne vais pas me gêner avec toi... (àwc eipaaiéoa.) 0 ...
U COMTESSE, l-arrHaol rireawnt. NOO t.. BOUgCZ qu 011 peut VCDIT I
LE CAPITAINE CHÉRUBIN
dernière fois que je Ta! vue... elle était assise dans un grand fauteuil... comme celui-ci... (La poussant doucement vers le fanteuil.) Tiens, pour l’en donner une idée...
la comtesse, riant nuigfe «u*. C'est inouï!. .Je fais tout ce que fous voulez I (die a'atMd.)
chérubin. Puisque tu es servante, c’est ton devoir , c'est ton état.. Pourquoi es-tu servante?., (Reprennat.) Elle avait sous les pieds un COUSSin... (il prend le n, qu'il pUc« mm 1rs pteés de u n«|(m ) Là, voilà le coussin... pose tes pieds là-dessus... (ti«ameui.) Ah I tes petits pieds I .. tout pareils ans siens ! .. (Lu eum’csie 1 m «eh*. — a part.) Oh! c'est elle! c'est elle! fium.) El moi, j'étais à ses côtés... je baissais les yeux... mais je la contemplais en dessous... Brigitte I tu me la rends... Ce n'est plus toi... c’est vous!,. Oh f ne me regardez pas avec colère!., que je voie un sourire sur vos lèvres, un sourira dans vos yeux... et je vous chanterai ma romance... cette romance, que j'ai faite pour vous et que vous aimex tant!..
la comtesse, te lever. Non! non!
ciiuiuaiK, le ramai. Brigitte... je t'en prie!., (n chiot».)
« Auprès d'une fontaine,
(Que mon cœur, quo mon cœur a de peine!)
■ Songeant à ma marraine,
« Sentait mes pleurs couler « Sentais me» pleurs couler...
« Lo roi vint 0 passer :
« — Beau page, dit la reine, »
(Que mon cœur, rp»e mon cœur a de peine!)
« Qui vous met U la gène?
« Qui vous fait tant pleurer f
« Qui vont fait tant pleurerf « Nous faut le déclarer.
« — Madame ot souveraine, a (Quo mon cœur, que mon cœur a de peine 1)
« J’avais une marraine,
« Que toujours adorai !
« Que toujours «dorai!
« — Je tous en servirai...
o Puis à ma jeune Hélène, a Que mon cœur, que mon cœur a de peine!)
« Fille d’an capitaine,
« Un jour vous marierai..; a Un jour vous marierai...
« — Nenni, n’en faut parler...
« Je veux, traînant ma chaîne,
(Tant mon <œur, tant mon cœur a de peine!)
« Mourir de cette peine, a Mais poiuim'en consoler)
LA COMTESSE, dam 1e pim grand trouble, te levant. Chérubin!..
cbe aubin. An! c'est vous!., c'cst bien vous!.. la comtesse, d'uae voit irit-éaae. Oui... mais partez, Chérubin... il le faut... Notre protection, nos vœux vous suivront toujours dans la carrière que vous allez parcourir. — Adieu, mon enfant. (Coup d» tooQvm lointain, paît de doutcsui coups qui ss rapprochent rt *e succèdent. La Mit t|«oI peu A peu. — Musique à l'orchmtro.)
chérubin. Vous, dans ce village!., sous ce déguisement!..
LA COMTESSE. StlcnCC !
chérubin. Ah! je devine!., vous veniez surprendre votre époux... que vous aimez!., et qui vous trompe!.. la comtesse, •èvèranent . Chérubin!..
chérubin. Pardon!., (violent eoop de tonnerre.) Ah ! Dieu soit loué!.. L'orage, le tonnerre, la pluie, voilà le temps qu’il me fflut pour partir!.. Par un beau soleil, par une belle nuit, il me semble que le cœur m’aurait failli au moment de quitter ce pays... où j’ai été si heureux L. (L’orage grossit.) la comtesse. Mais nont.. un pareil temps!., chérubin. Adieu, ma marraine!., (a pari «n loopirsm.) J’avais pourtant bien des choses à lui dire!..
U comtesse. Alors, que Dieu vous conduise... et vous protège, Chérubin!
chérubin, »v« sentiment. Merci I.. (av<c effort.) et adicul (n *ot» Mpi.li.ment par le fond. — Nouveaux coupa de tonnerre. — * Pluie lorneotiatle. — La fenêlre, poussée parle rrni, «'ouvre avec frie». — La mtuiqne continue a l’orebeutre.)
la comtesse, Mule. Ah! mon Dieu!., un pareil orage, à l'approche de la nuit!.. (Kolrent par le (oed, Pébla, tenant auo mouchoir lcr ia tèif, Diégo, un poetillon et deut paysans.)