‹ Les compagnons de la Truelle piece populaire, melee de chant en trois actes et neuf tableauxChapitre 13 sur 106 · TABLEAU I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

TABLEAU I, SCÈNE VI

Je vous demande des nouvelles de chez nous.

ANDOCHE

Eh bien ?

Les Filerin, les Pastoureau, les Bourache...

ANDOCHE

Je vas vous satisfaire... Eustache Filerin a eu S-une lièvre cérébrane à la suite de la vendange, mais ça va mieux... Pour Jean Pastoureau, il est tombé .de son grenier, qu’il a évuun tas de confusions dans la tête... mais avec des synapiques, ça s’a en allé.

Si c’est comme ça que le pays va bien...

ANDOCHE

Le pays n’est point malade du tout, c’est les habitants que je vous parle. Quant à Jérôme Bourache, vot’ cousin...

11 lui est aussi arrivé quelque chose?

ANDOCHE

Mon Dieu ! oui, le pauvre cher homme !.. il s’a marié.

Vous m’avez fait peur !

ANDOCHE

Vous allez voir... si bien qu’il a épousé la petite Annette... vous savez Annette Bourdichon, qu’avait une taille qu’aurait tenu dans un rond de serviette* une taille de froumi, quoi!.. Eh ben ! z-après sept mois de mariage, elle est devenue tout à coup grosse comme un tonneau... C’est-y ça qu’est un malheur.

ZIZINE, riant.

Dame! c’est naturel.

ANDOCHE

Vous trouvez?

MADELEINE, riant et bas à Zizine.

Il n’est pas fort, ton pays...

ANDOCHE

Moi, la dernière fois que je l’ai vue passer, ça m’a fait tant de peine, que je n’ai pas pu m’empêcher de l’y dire : Ah ! Mamz’elle, vous avez t-y donc mangé des moules malsaines, pour avoir gonflé tant que ça? J’avais pas plus tôt achevé que, Vlan! je sens qu’on me bute par derrière, que c’était son mari qui venait de me donner un coup de pied en pleine horloge...

Un coup de pied?

ANDOCHE

Ah ! mais, que je l’y dis, en me fâchant rouge, c’est-y pour de rire ce que vous venez de faire là, dorénavant ? — Cest

très-sérieux, qu’y me répond. — Si c’est sérieux, c’est autre chose, que je lui réponds à mon tour, car j’aime pas qu’on plaisante avec moi de ce côté-là...

ZIZINE, à part.

Décidément, c’est une oie que mon pays.

ANDOCHE

Mais, c’est égal, j’ai jamais pu savoir pourquoi qu’Annette, était gonflée comme ça...

MADELEINE, sc levant.

Est-ce que vous êtes venu à Paris pour prendre des renseignements là-dessus?

ANDOCHE

Non, c’est l’ambitionnement qui m’a mis en route... je suis devenu ambitionneux à faire frémir... parce que, figurezvous, Mam’ selle, qu’il y a un grand lac do temps que je me suis découvert une vacation.

Comment, une vacation? (Comprenant.) Ah! très-bien, continuez.

ANDOCHE

Ça m’est venu en faisant nne niche pour nos lapins, que j’en fus tellement fier, que j’ai été inspiré de me livrer à la bâtisse en général, comme les maisons, les châteaux, et tout ce qui concerne l’arche et la lecture.

MADELEINE, étonnée.

Comment dites-vous?..

ANDOCHE

Tout ce qui concerne l'arche et la teclure.

Vous voulez dire l’architecture?... (étouffant un rire.) Enfin, nous rêvons les grandeurs?

MADELEINE, de même.

Nous voulons briller dans le monde?

ANDOCHE, avec fatuité.

Je ne le cache pas ! Et si quelqu’un pouvait me recommander à quelqu’un...

Ahl s’il ne vous faut que ça... nous avons votre affaire sous la main. (Elle va à la fenêtre.)

ANDOCHE

O bonheur !

Tiens, il n’est plus là, il est descendu...

MADELEINE

Tu ne ferais pas mal d’en faire autant, pour porter notre ouvrage.

ZIZINE, mettant sou sehall et prenant un paquet.

Ça se trouve à merveille, mon pays va m’accompagner et

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