TABLEAU II, SCÈNE I
FRAPPART.
Est-ce que notre nouveau singe nous ferait faux-bond?..
MONNERON
Lui, 1’ père Guillaume, manquer à sa promesse?.. Jamais! je me remémore qu’une fois que j’avais eu des mots avec lui (c’était uu samedi), il me dit comme ça : « Monneron, avant huit jours, je te ficherai une râclée sterling... « Et le samedi suivant, après la paye, je recevais mon affaire, oh ! mais là, proprement! C’est un homme qui tient religieusement sa parole, celui-là.
MARTEAU
Alors, c’est que son chronomètre est en retard pour c’te fois-ci.
POIVRIER
Ou que nos gosiers sont en avance.
MONNERON
De ce côté-là, il avance toujours, ton gosier.
POIVRIER
Bah ! je vas le mettre à l’heure ! (Criant.) Garçon ! (a ce moment, Lorrin parait, venant de la droite, et, sans ricu dire à personne, va se mettre à une table, à l’avant-scène de gauche.)
FRAPPART \
Tiens, Lorrin!
MARTEAU, bas.
Est-ce qu’il est des nôtres ?
MONNERON, de même.
Faut croire que non, pis qu’il se met à son à part.
LORRIN.
Garçon, du vin!
POIVRIER, bas.
Est-ce qu’il va boire tout seul?
FRAPPART, de même.
Il n’a point l’air de nous voir.
LORRIN, à part.
Si je peux seulement le griser pendant quinze jours, son affaire est faite.
MONNERON, bas.
A quoi qu’il pense donc ?.. je lui trouve un air sourcieux.
POIVRIER, à Lorrin.
Ohé! la coterie!., est-ee qu’on boit les uns sans les autres, hein ?
LORRIN.
J’attends quelqu’un.
POIVRIER
Eh ben! qué qu’ ça fait, ça?., quand on est du bâtiment...
MARTEAU, tirant Poivrier.
Laisse-le donc dans son coin.
* Lor. Poiv, Mar. Frap. Mon.
MONNERON, bas aux autres.
En v’ià un que je n’embrasserai jamais en pincctle.
TOUS
Ni moi, ni moi!