TABLEAU II, SCÈNE II
LORRIN.
Lambert, allons donc ! (Poivrier passe à gauche.)
LAMBERT
11 n’y a pas de Lambert, allons donc!., on est amis ou on ne l’est pas. Quand il n’y a pas d’afünité, on ne trinque pas ensemble.
LORRIN *.
Et pourquoi que nous ne serions plus en amitié?
LAMBERT
Parce que j’agis franchement et que tu ne fais pas de même; parce que je dis tout haut, et à qui veut l’entendre, que j’aime Madeleine, la nièce au père Guillaume... et que toi, qui ne dis rien, tu cherches un tas de rubriques et de traîtrises pour me faire au même.
LORRIN.
De quoi! des traîtrises?.. Je ne cache pas mon penchant pour la nièce à Guillaume. Est-ce qu’il me faut un permis sur papier timbré pour aimer une femme, à présent?
Ne fais donc pas le malin ! (il remonte.)
LORRIN.
Enfin, s’il faut se regarder en chiens de faïence, parce qu’on est amoureux du même objet, je le veux bien... Mais je trouve ça bête.
POIVRIER
Je demande la parole.
MARTEAU
Vas-y.
POIVRIER
Je ne suis pas l’intime du serrurier... mais je trouve qu’il est dans le vrai. Quand deux coqs s’fti’golent pour la même poule, c’est deux oies.
MONNERON
Ce que dit Poivrier a raison.
MARTEAU
C’est aussi mon opinion intra-muros.
TOUS
Lorrin est dans le vrai, sans façon .
LAMBERT, redescendant **.
D’accord... Du moment que Lorrin convient de son attachement, je ne dis plus x'ien ; chacun pour soi, dans la vie de ce monde, c’est trop juste.
LORRIN.
Eh ben ! alors, buvons !
Puiv. Lor. Lamb. Mar. Fiap. Mon.
" Poiv. Lamb. Lor. Mar. Frap. Mou.
TOUS
BllVOns! (ils vont s’installer autour de la table de gauche, sur laquelle le garçon a mis un broc et des verres.)
LAMBERT *
Air de Mangeant. Ma nièce et mon ours.
J’ n’ai pas un mauvais caractère.
J'entends la raison, on 1’ sait bien.
TOUS
Bien, bien, bien, bien, bien, bien, bien, bien ! LAMBERT.
Mais quand on me déclar’ la guerre,
Si c’est brav’meut, ça n’ me fait rien ;
J’ défends ma peau, j’ défends mon bien.
TOUS
BieD, bien, bien, bien, bien, bien, bien, bien ! LAMBERT, à Lorrin.
Donc, nous v’ià rivaux, mon très-cher...
A toi z-à moi, la paill’ de fer !..
LORRIN.
Buvons donc!
TOUS
Buvons donc !
LORRIN.
L’espérance est au fond du verre.
Buvons donc!
TOUS
Buvons donc !
LORRIN.
Buvons pour griser Cupidou.
TOUS
Buvons donc! (/ns.)
Le bonheur est au fond du verre.
Buvons donc! (/ns.)
Buvons pour griser Cupidon,
Buvons, buvons, buvons, buvons ! (bis.) Buvons, d’ici nous sortirons Ronds, ronds!
MONNERON, à Lorrin.
A la bonne heure! t’es t-un homme!
LORRIN, qui, pendant la reprise, a rempli tous les verres.
Prouvez tous que vous en ôtes d’autres... le viu est versé...
LAMBERT
Ouvrez les écluses !
TOUS
Ouvrons ! (ils boivent.)
* Lor. Frap. Mar. Mon. Poiv. Lamb.