LORR1N
Quel vieux troubadour!
LAMBERT
Lui, c’est de la crème... on n’en fait plus de c’te pâte-là.
POIVRIER
Eh! bien, oui, eh bien, oui; mais pas moins qu’il ne se fend que d’une bouteille par personne.
MONNERON
Quoiqu’y veut qu’on fasse avec ça, raisonnablement?
LORRIN, criant.
Garçon! renouvelez les pot3, c’est toujours moi qui paye.
POIVRIER
Mais t’es donc Bacchus et Crésus tout à la fois?
LAMBERT
Un instant, la tournée me regarde.
TOUS
Non, c’est moi!...
LORRIN, plus fort.
Non, c’est moi qui régale.
TOUS
Ah!...
UN GARÇON, plaçant un broc de vin Sur la table.
Monsieur Pierre, il y a là un nommé Andoche, qui dit comme ça que vous l’attendez.
LAMBERT
Andoche! Ah! parfait! c’est un jeune serin, qui arrive de son village avec l’ambition démesurée de devenir mon gâcheur. C’est innocent comme des œufs sur le plat, et je lui ai indiqué cette guinguette, comme le local de nos réceptions... histoire de rire.
TOUS
Fameux!... fameux!...
LAMBERT, désignant le fond à gauche.
Il y a justement là-bas, dans le coin, une truelle, une auge et un sac de plâtre. (Au garçon.) Tu vas bander les yeux de la victime, et tu l’amèneras ici... Vous, apportez les bibelots de la profession. (Le garçon sort par la droite.)
TOUS
Allons-y ! (Ils vont au fond chercher les outils.)
LORRIN, sur le devant, seul.
Une seule bouteille par personne, ca ne ferait pas mon affaire... je vais préparer une petite liole d’eau-de-vie, que j’aurai dans la poche, etje verserai eh frère.... je ne suis pas
’ Mon. Lor. La ml). Mar. Frap. Poiv.
égoïste, mais je veux Madeleine pour moi seul, voilà tout, (il
entre dans la maison.)
LAMBERT, revenant avec une règle et los ouvriers, qui portent les outils de la maçonnerie, tels que : une auge, une truelle, deux petits sacs de plâtre.
J’entends le récipiendaire... Attention aux épreuves! (An-
doche et le garçon entrent par la droite.)