‹ Les Complications des Névrectomies chez le ChevalChapitre 8 sur 26 · DES TROUBLES MOTEURS APRÈS NÉVRECTOMIE CHEZ LE CHEVAL · texte numérisé non relu

DES TROUBLES MOTEURS APRÈS NÉVRECTOMIE CHEZ LE CHEVAL

Nous verrons au cours de l’étude « du retour de Ia sensibilité » que, chez le cheval, l’on pratique non plus des névrotomies mais des névrectomies. À la simple section nerveuse, en effet, a dû faire place l’excision un fragment plus où moins long du cordon nerveux sur lequel on opère.

Les troubles moteurs après névrectomie chez nos solipèdes nous semblent être tout à fait exceptionnels. Cependnat M. le professeur Cadéac écrit dans son traité de sémiélegie que « .…..des troubles très étendus peuvent être « mis sur le compte de la névrite ascendante, que l’on « constate quelquefois des douleurs lancinantes provo- « quées par la pression exercée le long d’un nerf blessé « où sectionné, que des troubles locomoteurs accompa- « gnent ces douleurs ». « Nous avons vu, ajoute-t-il, des « chevaux présenter de Pincoordination motrice après la « névrectomie, » Mais, envisagés de la sorte, ces troubles « Iocomoteurs peuvent être dits secondaires, puisque leur apparition a nécessité au préalable l’évolution d’une né-

, vrile ascendante, qu'elle seule doit être ici regardée comme conséquence directe de la névrectomie, En médecine humaine, au contraire, les troubles moteurs, conséquences directes de sections nerveuses, sont extrêmement fréquents : nous citerons les paralysies totales et flasques des museles, les contractures, les attitudes vicieuses par prédominance des museles antagonistes, les atrophies musculaires. Pourquoi cette différence ? Nous allons essaver de l'expliquer en rappelant brièvement les différentes névrectomies effectuées en chirurgie vétérinaire sur les membres antérieurs, et préciserons sur quels faisceaux nerveux elles portent EL LS (l

a : Névrectomie plantaire. -— On y a recours pour les boiteries dont la cause réside en des affections chroniques de la région phalangienne, pour le traitement des formes cartilagineuses, et celui des lésions anciennes portant sur les tissus constituant la paroi antérieure du pied. Les nerfs réséqués sont les nerfs palmaires externe et interne, celui-ci provenant du nerf médian, celui-là constitué par la réunion d’une branche du cubital et d'une branche du médian, les deux se terminant par les nerfs digités.

b : Névrectomie de la branche palmaire profonde, Indiquée dans les lésions chroniques du suspenseur du boulet et de la région métacarpienne profonde. Cette branche palmaire profonde émane du nerf palmaire externe au dessus du carpe.

e : Névrectomie du cubital. -- S’emploie contre les boi-

teries provenant de lésions chroniques de dla face externe

du genou ou mème des régions suscarpiennes. Le cubital s'échappe directement du plexus brachial.

d : Névrectomie du médian. — Indiquée dans le cas de boîteries dues à des lésions chroniques des tendons fléch'sseurs des phalanges, de leurs brides, du genou ou d> l’une des régions susçarpiennes. Le médian provient du plexus brachial.

L'on voit donc que dans ces différentes névrectomies les nerfs intéressés proviennent soit du médian, soit du cubital, deux nerfs qui sont d’origine rachidienne, donc sensitifs et moteurs. Or, les névrectomies des membres sont en vétérinaire des interventions chirurgicales courantes que l’on pratique dans un but essentiellement thérap-utque : ellts ont des points d'élection immuables, que les techniques ont à jamais fixés ; elles portent sur des trajets nerveux qui, à vrai dire, ne sont plus guère que sensitifs quoi qu'appartenant à des nerfs sensitivomoteurs, puisqu'ils ne se rendent plus qu'à des tissus ron contractiles, tels que les tendons, la peau, les os et les parties molles du pied. La section du médian, en effet, a lieu en aval de Son anastomose avec le brachial antérieur. Le cubital donne surtout à la peau : « par sa hanche cutanée et sa première collatérale », seule sa deuxième co‘latérale S'épuisant au sein de muscles, qui ne soit d’ailleurs que secondaires dans l’accomplissement cle la marche. Telles sont les raisons qui nous permettent de dire qu'après les névrectomiés, nous n’enregistrerons pas de troubles moteurs primitifs immédiats, provenant du manque d'innervation active de tel ou tel groupe

musculaire,

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Si maintenant nous envisageons le médian chez l’homme, il donne dans ses terminaisons un filet au musele court abducteur du pouce, des rameaux palmaires au pouce, à Findex, au médius, au bord interne de l’anpulaire. Le eubital longe le bord interne de lavantbras, se parlage un peu au dessus de l'extrémité inférieure du cubitus en deux branches, l'une dorsale, l’autre palmaire., La première donne trois branches métacarpiennes, qui à leur tour fournissent les collatérales dorsales de l’auriculaire et de l’annulaire, et lä coriatérale interne du médius. Le reste de la main est innervé par le radial ; la deuxième branche ou palmaire présente un rameau superficiel qui donne les collatéraux palmaires du petit doigt et la collatérale interne de l’annulaire. £n outre il reste à signaler, émanant encore de cette deuxième branche, un rameau profond placé transversalement au muscle intérosseux.

Ces que:ques notions d'anatomie suffisent pour montrer combien est grande la complexité de l’innervation dans la main de l’homme comparativement à l’innervation de la main du cheval. Les nerfs, chez l’homme, doivent enecre assurer la contractilité dans des régions où chez le cheval, il ne se trouve plus de muscle. En surplus, en chirurgie humaine lon ne pratique pas de névrectomies sur les membres, à part de rares exceptions : Névrectomie dans la névrite sciatique des variqueux, « dans la névrite traumatique du sciatique », qui ne soient spécialement thérapeutiques, palliatives. Ici fes névrectomies déviennent de simples névrotomies le plus souvent accidentelles. localisées en des points extrêmement variables le long des différents cordons nerveux et

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pouvant dès lors influencer tel. ou tel groupe musculaire, d’où tout un chapitre possible sur les troubles moteurs après sections nerveuses.

Les chevaux, évidemment. ne sont pas plus que l’homme exempts des traumatismes susceptibles de provoquer des sections nerveuses, mais encore une fois nous n’envisagerons pas ici les troubles produits par de tels accidents ; lis ne constituent pas à vrai dire des complications des névrotomies capables par leurs manifestations une fois connues de faire reculer le chirurgien devant l° DOTE qu'il préconise puisqu'ils sont imprévus.

Pour nous, au contraire, le mot névrotomie employé à tort pour celui de névrectomie signifie : intervention décidée, voulue. Mais délaissant les troubles moteurs, le domaine des complications des névrectomies reste vaste encore: La mésoneurectomie, la névrectomie plantaire haute et double, associée ou non à celle de la branche palmaire profonde, suppriment la sensibilité du pied, et c’est justement dans les cas de névrectomies plantaire et médiane que nous aurons à envisager de nombreux cas de complications, soit qu'elle soient dues à la lésion primitive qui continue d'évoluer à l'insu du sujet, à l'insu de celui qui l’expioite grâce à la Suppression par l’opérateur du signal d'alarme qu'est la douleur, soit qu'elles sotent duss encore à des affections secondaires survenant accidentellement où se creffant en épiphénomènes, soit qu'elles soient dues enfin à des troubles trophiques ; n'est-il pas universe'lemeal admis en effet, qu'indépendamment des fiiels sympathiques périvasculaires, il existé des filets sympathiques se rendant aux organes locomoteurs S en empruntant les faisceaux sensitivo-moteurs.

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