L'implantation basse des cheveux est le troisième si
gne de cette triade symptomatologique; ceux-ci, en effet, s’implantent particulièrement bas sur la nuque, descendant jusqu’au niveau de la première vertèbre dorsale.
D'autres petits signes ont encore été signalés; certains mettent en évidence la congénitalité de la lésion : l'élévation de l’omoplate, l'asymétrie faciale: d’autres sont la conséquence de la malformation, tel est le dos rond dû à l'absence de courbure cervicale, les déviations de la colonne vertébrale (scoliose, cyphose), la disproportion de longueur des membres et du tronc, l’abaissement des aréoles mammaires, etc.
Au point de vue anatomique, le syndrome est caractérisé :
1° Par une réduction des vertèbres cervicales avec tassement, de sorte que les éléments de la colonne cervicale sont soudés ou confondus entre eux ;
2° Par la présence d’un rachischisis. Cette non-occlusion des arcs vertébraux est assez difficile à mettre en évidence, étant donné le bouleversement de la région. Seules des radiographies nombreuses, prises dans les diverses positions décrites par Feil dans un de ses articles « comment doit-on radiographier la colonne cervicale quand on soupçonne l’existence d’une anomalie » (Journal de Radiologie et d’Electrologie, Mars 1923) peuvent parfois les déceler. Dans certains cas même, lorsque la lésion est très accentuée, il est impossible de pratiquer une analyse radiologique correcte. C’est, par exemple, le cas de l’observaiion princeps de Klippel-Feil où le spina ne fut reconnu qu’à l'examen anatomique.
3° Citons encore le thorax cervical, plus ou moins développé et qui expose ces malades à de nombreuses complica- “ons pleuro-pulmonaires.
Ces différents symptômes cliniques et anatomiques peu-
vent évidemment se grouper d’une manière plus ou moins complète et réaliser un aspect particulier pour chaque malade. Feil, dans sa thèse en décrit trois grandes variétés.
= Dansle type I, les symptômes sont au maximum : tête très enfoncée dans les épaules, grosses malformations cervicales visibles à la radiographie.
— Dans le type II, « la réduction est limitée à une ou deux vertèbres. À cette moindre intensité des lésions anatomiques répond une atténuation parallèle des symptômes cliniques (Feil) ».
— Feil décrit de plus un {roisième type qui serait moins important encore et dans lequel les lésions ne se localiseraient pas uniquement à la région cervicale, mais se répartiraient dans toute la colonne vertébrale. C’est à ce groupe qu’appartient les nombreuses observations de monstres et de fœtus que nous avons rappelées dans l'historique.