CONCLUSION
On vient de voir la suite des complots militaires uon pas tentés (il n'y eut qu'un seul commencement d'exécution), mais formés contre la Restauration [lendant plusieurs années : ceux de Paris en 1820, (le Belfort en 182 1, de Saumur en 1822, de la Bidassoa en 1828.
Ils réunissaient des officiers de l'ancienne armée et des soldats de la nouvelle ; les uns qui avaient à se plaindre de la monarchie restaurée, les autres qui croyaient mériter du parti libéral ; les uns et les autres conduits par les chefs du libéralisme, Lafayette et d'Arg-enson, dominés eux-mêmes par les g-loires militaires de l'Empire, et forcés de recourir contre les Bourbons aux souvenirs de Napoléon.
Ces complots n'ont pas abouti. Ils pouvaient amener la g-uerre civile. Ils n'ont fait qu'attirer sur quelques-uns des conspirateurs des rig-ueurs dont l'excès a retourné l'opinion. Aujourd'hui, c'o'^t la
Restauration menacée qui paraît avoir eu tort de se défendre.
On lisait dans le Globe, du 28 août i83i : « II J a eu comédie pendant quinze ans. Il y a eu des conspirations soit actives, soit assoupies, pour renverser le trône des Bourbons, et les conspirateurs prêtaient et reprêtaient serment de fidélité à Louis XVIII et à Charles X, les uns comme militaires, les autres comme députés ; ceux-ci comme avocats, ceux-là comme fonctionnaires. M. d'Argenson et beaucoup d'autres, nous pouvons en parler savamment, ont très sérieusement conspiré. »
Si cette comédie, pour parler comme le Globe, fait peu d'honneur au parti libéral, que dire du rôle qu'elle imposait à l'armée ?
Lafayette et d'Arg-enson, qu'on savait à la tête des conspirations et qui s'en défendaient, corrompaient la conscience de la jeunesse libérale et la liberté même, comme l'armée, partagée entre ses regrets et son devoir, également prête à soutenir le trône et à le renverser, corrompait la discipline, l'honneur et les vertus militaires.
Heureusement cette crise a pris fin en 1828. L'armée et la Restauration se sont réconciliées dans le succès (le la g-uerre d'Espag-ne. Mais tandis que, dans les expéditions de Moréeet d'Alg-er, l'armée restait fidèle uses glorieuses traditions, la lU-stauialion, pour rus-