Il avait d'abord mis « xxiiij » au lieu de « quarante
3. Ligne barrée. On trouve un chanoine de ce nom à Beauvais, au commencement du xV siècle (cf. lat. 9971, fol. i). Mais il s'agit, plutôt, du « Johannes de Templis » qui fut recteur de l'Université, en I4i3, et dont il est plusieurs fois question dans le Cartidaire, t. IV, n°' 2004, 2014 et 2024, ou même de ce Jean de Temple qui traduisit Xénophon pour Louis XI, dauphin (cf. ms. fr. 2920, fol. 69; Cabinet historique, i856, p. 123, et Lettres de Louis XI, éd. Vaesen, t. X, p. 162), et qui paraît devoir être identifié avec le « Joannes de Templo » de la liste de 1464 (nouv. acq. lat. i8i5) publiée par M. Spirgatis, Personalver^eichniss der Pariser Universitàt von 1464 (Leipzig, 1888, in-8''), p. 45.
4. Ajouté au milieu de la page, dans une partie restée blanche, à côté des totaux du compte de Philippe de Dreux et, par suite, après décembre 1^3-y. — Il est quatre fois question du curé de Saint-Séverin, dans les comptes de Colin de Lormoye (n"' 79, m, i34 et 145), mais son nom n'est jamais donné. De plus, aucun de ces comptes n'est daté, dans les parties tout au moins qui en sont restées. On peut cependant, en raison de la place qu'ils occupent, les croire respectivement de 1488 (compte 79), 1443 (compte m) et d'environ 1454 (compte 134). Et ces précisions permettent de conclure que ce curé de Saint-Séverin n'était autre que Denis de Sabevrays ou Sabrevois, l'un des personnages les plus considérables de l'Université de Paris vers le milieu du xv siècle.
On apprend, en effet, par une supplique adressée en 1443 au pape Eugène IV, qu'un certain Denis Le Comte (Dyonisius Comitis) — probablement celui-là même qui est qualifié de notaire apostolique dans un compte de 1439 (Sauvai, Antiquités, t. IV, p. 36i) — demanda la cure de Saint-Séverin dont Denis de Sabevrays était le titulaire (H. Denifle et E. Châtelain, Auctarium Chartularii Universitatis Parisiensis, t. II (1887), p. 517, note 2); et on voit par un arrêt du Parlement de Paris, en date du 19 octobre de cette même année (Arch. nat., X'^ 1482, fol. 258, et Bibl. nat., nouv. acq. franc. 8026, fol. 479 v°), que ce candidat ne se contenta pas d'intriguer auprès du pape, mais fit, avec le concours de l'inquisiteur
Item, une houpelande pour son clerc, pour ce, vj s. Item, resu sus ses parties, vij s. p.
80. — Mémoire de ce que le prevost de Saint Fleur (?) me doit, depuis compte fait :
C'est assavoir la façon d'une houppelande, vj s. p. Item, pour son chapelain, une chape, pour ce, viij s. Item, pour ung quartier de toille perce, pour ce, iiij blans.
de la foi, Jean Vinet, à celui qu'il prétendait évincer, un procès dont le résultat n'est pas connu. Il semble, toutefois, que Denis de Sabevrays ait fini par l'emporter. Deux passages du registre du procureur de la nation d'Allemagne montrent que cette affaire se rattache à l'attitude de l'Université de Paris, pendant cette dernière période du grand schisme. L'Université ayant déclaré, en janvier 1441 (n. st.), qu'elle persistait à obéir aux décisions du concile de Bâle et, par suite, à reconnaître Félix V comme pape, Eugène IV, après des néj^ociations sur lesquelles nous ne sommes pas renseignés, excommunia Denis de Sabevrays, comme étant l'un des promoteurs responsables de cette résolution. Ce fut le recteur Jean ■Beghyn (1442-1443) qui reçut ces lettres d'excommunication; elles doivent donc être de la fin de 1442 ou des premiers mois de 1443. Mais, quatre ans après, en janvier 1447 (n. st.), l'Université protesta contre elles et décida d'écrire au roi en faveur de Denis de Sabevrays et de lui prêter aide et conseil {Auctarhim, p. 563 et 676). Cette puissante intervention dut être décisive, car, en 1452 et en 1455, Denis de Sabevrays est toujours qualifié de curé de Saint-Séverin, d'après un document visé par l'abbé Lebeuf (éd. Cocheris, t. I, p. 407; éd. Bournon, t. I, p. m) et dans un extrait de compte publié par Sauvai {Ayitiqidtés de Paris, t. IV, p. 353). D'après un passage des registres capitulaires du chapitre de Rouen, relevé par M. Ch. de Beaurepaire {Notes sur les juges et les assesseurs du procès de Jeanne d'Arc. Rouen, 1890, in-8°, p. 44-45), Denis Le Comte n'aurait pas été le seul à convoiter la succession de Denis de Sabevrays. Un certain Jean Baubignon se serait aussi mis sur les rangs — du moins en 1445 — mais sans plus de succès, semble-t-il.
Un autre arrêt du Parlement de Paris, en date du 17 avril 1475 (Arch. nat., XI " i486, fol. 275 v°) — qui nous a été, comme le précédent, très obligeamment signalé par notre confrère et ami M. L. Le Grand — fait savoir que Denis de Sabevrays n'était plus alors curé de Saint-Séverin et se trouvait remplacé par un prêtre du même nom et, sans doute, de la même famille, appelé Philippe de Sabrevois. Et, dans l'affaire qui l'amena ainsi devant le Parlement, ce Philippe de Sabrevois eut comme avocat « maistre Guillaume Sabrevois », qui mit une telle passion à le défendre contre ses deux adversaires — dont l'un n'était autre que l'évêque de Paris, Louis de Beaumont — qu'il s'oublia jusqu'à produire « certaines escriptures », dans lesquelles se trouvaient, à l'encontre de ce dernier, « plusieurs paroUes » si « injurieuses » que la cour y trouva une raison suffisante pour condamner ce trop ardent défenseur à se « rendre prisonnier » à la Conciergerie.
Ces détails et l'identité des noms ne permettent-ils pas de penser que — l5o — 3
hem, luy ay fait une jaquete doublé, pour ce, vj s. Item, de compte fait [me doit] ledit prevost la somme de [Ixviij s. xij d., dont] j'ay cedule de sa main.
Sur ce ay receu xxxij s. p. — Reste xxxvj s. xij d.
8i. — Item, Tibaut Lebeuf confesse dever à Colin de Lormaie, pour la fason d'une robe de gris, vj s. p.
des liens de parenté existaient entre le curé ef l'avocat? Et ne peut-on pas se demander, ensuite, s'ils ne sont pas précisément les deux neveux que Denis de Sabevrays faisait habiller par son couturier de la maison du Plat-d'Étain?
Le nom de Sabevrays apparaît, dans les manuscrits et dans les textes, sous des formes assez variées : Gaverbois (Jourdain, Index chartarum, p. 264-265), Sabrevois ou Sabeurois, Sabrevas, Sabreuvas, Sabrevet {Auctarium, coL Siy, note 2), mais ces formes sont visiblement le résultat de fantaisies graphiques ou d'incontestables erreurs de transcription. La seule bonne est naturellement celle que son titulaire même a adoptée. Or, dans les signatures autographes qu'on relève de lui, dans le registre de comptes de la Faculté de. théologie, conservé aujourd'hui à la Bibl. nationale, sous le n° 5657 ^ '^^ fonds latin, on lit, sans hésitation possible, H Sabevrays », bien que le rédacteur de ces comptes ait écrit, presque indifféremment dans son texte, « Sabrevais (fol. 3i v°, 44), Sabreves (fol. 5o), Sabreveis (fol. 37 v°), Sabrevoys (fol. 32 v°) ou Sabevres (fol. 65 v°, 76, 82 V, 90 v») ». C'est donc Sabevrays qu'il convient d'écrire, bien que le petit pays du diocèse de Chartres, dont cette famille paraît originaire — car Denis de Sabevrays est plus d'une fois qualifié de « clericus diocesis Carnotensis » — s'appelle Sabrevois. Cf. Merlet, Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir, p. 161.
Il ne saurait entrer dans notre sujet de tenter ici sa biographie. Il nous suffira de rappeler, à l'aide surtout de la note qui lui a été consacrée par MM. H. Denifle et E. Châtelain {Auctarium, col. 517), les principales étapes de sa carrière.
La date de sa naissance n'est pas connue. Étudiant en théologie au collège de Navarre dès 1418, il devint maître le 10 juin 1425 et licencié le i3 mars 1426 (Launoy, Hist. Navarrce gymnasii, t. I, p. 209, et t. II, p. 929; Cartulaire, t. IV (1887), P- 447» ^'' 2264). Il assista à Rouen à l'une des premières audiences du procès de Jeanne d'Arc, mais quitta cette ville, vers le 3 mars 1431, pour se rendre au concile de Bâle, où il arriva dans la première quinzaine d'avril [Cartulaire, t. IV, p. 519, 523, note 41). Nommé chanoine du chapitre de Rouen en I435, il envoya ses lettres de nomination, mais ne résida pas (Ch. de Beaurepaire, Notes, ibid., p. 44). Élu doyen de la Faculté de théologie en 1456, il le resta jusqu'en 1472 [Cartulaire, t. IV, p. 689, n" 265i). On ne sait pas la date de sa mort, mais peut-être, en raison de ce qui a été rapporté plus haut, ne doit-on pas la reculer au delà de 1475.
Il résulte des renseignements rapportés dans la présente note et de quelques autres rencontrés au cours des recherches, dont elle a été l'occasion, que la liste, encore si incomplète, des curés de Saint-Séverin, doit,
es
^'ÎTrp
Q ai
ta
82 (1437). — ... Dui Chasteller confesse devoir à Colin Gordin la somme [de] xviij s. p. pour une robe et chaperon et un portpoint par lui à moi fait, laquele somme je lui promès à paier, à sa bone voulenté, tesmoyn mon saing manuel cy mis, le v' jour d'avril l'an mil CCCC [XXX] VIP. —J. Duchasteller.
Item, le xi' jour de juliet, pour la façon de une robe retornée, v s. — Duchasteller.
83 (1431). — Mémoire de la besoingne que j'é faicte pour Geft'roy Lamy3.
Premièrement^ i pourpoint fait de ung chaperon, pour la fassonetpour estoffes, xviij s.
Item, une houpelande noire, pour ce, vj s.
Item, pour tondre le drap de la robe, ij s.
Item, pour les anellés du pourpoint, viij d.
Item, pour une chappe ridée, pour ce, xij s. p.
Item, un chapperon de mesmes de la chappe, pour ce, ij s.
Item, pour une houpelande de gris, pour ce, vj s.
Item, pour tondre le drap de la chappe de la houpelande, pour ce, iiij s.
Item, fait un pourpoint pour son clerc, pour ce, iiij s.
Item, receu xxxiiij s. p., et fust faicte ccste besoigne l'an mil IIIPXXXI.
pour le xv° siècle tout au moins, s'établir comme il suit : Joachim de Chanteprime, chanoine d'Auxerre, mort le 14 juin 1413 (Lebeuf, Hist. du diocèse de Paris, éd. Cocheris, t. I, p. SgS et 407); Jacques Branlart, conseiller clerc au Parlement de Paris, qualifié archiprétre de Saint-Séverin en 1425 (Arch. nat., Xi''4794, fol. 42; F. Aubert, Histoire du Parlement de Paris, t. I, p. 335); Denis de Sabevrays, de 1438, au plus tard, à 1469, au moins; Philippe de Sabrevois, en 1475; Guillaume Houppelande, en 1490; Louis Du Bellay, en 1492 (F. Aubert, Ibid., p. 334, note). De tous ces curés, le Martyrologe de Saint-Séverin (Paris, 1678, in-fol., t. I, p. 2-3), ne signale que Denis de Sabevrays et Guillaume Houppelande.