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par l'éditeur, le lecteur a sous les yeux le texte même, le texte complet, tel qu'il a été rédigé par les copistes du xvii^ siècle sous la direction de Félibien.
En respectant le plus possible le travail de l'éminent éditeur, nous ne pouvions mettre au jour un livre inachevé et accepter une part de responsabilité dans sa publication sans nous imposer le devoir de corriger certaines erreurs de lecture que son auteur eût certainement signalées le premier, s'il eût eu le loisir de mettre la dernière main à son œuvre. Nous avons donc collationné sur les originaux les Comptes des bâtiments et tous les autres documents dont se composent ces deux volumes ; pour ne pas donner une étendue démesurée à nos corrections, nous n'avons pas tenu compte des différences orthographiques qui existent entre le manuscrit et le volume imprimé, du moment où le sens n'en est pas altéré; de même nous n'avons rien changé à la ponctuation, quand on peut la restituer à la simple lecture. Nous nous sommes attaché surtout à donner l'orthographe exacte des noms propres, telle que nous l'a transmise le copiste de Félibien ; ajoutons que souvent celui-ci a défiguré le nom des personnages les plus célèbres.
Nousavons également rappelé certaines indications placées dans la marge, en tête de chaque compte. C'est l'énumération des résidences royales ou autres bâtiments auxquels le compte se rapporte. Il est vrai que les travaux afférents à chacun des châteaux sont presque toujours séparés, et l'énumération placée en tête du compte peut paraître superflue; mais ce surcroît de détails n'est pas toujours inutile, et, puisqu'on s'étudiait à conserver minutieusement la physionomie, les défauts et les répétitions du registre, il nous a semblé qu'on devait aller jusqu'au bout.
M. de Laborde avait encore un motif pour donner le texte des Comptes des bâtiments dans toute son étendue, de ma- I. 6
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nière à ce qu'il n'y eût plus à y revenir. Dans le premier volume de la Renaissance des Arts à la cour de France, une partie, une grande partie même, de ces comptes avait été publiée. Il est vrai que le savant éditeur de la Renaissance avait systématiquement réservé pour des volumes qui n'ont jamais paru les articles relatifs à la sculpture et à l'architecture. Les passages concernant le château de Fontainebleau et la sépulture des rois François I*' et Henri II étaient seuls reproduits in extenso, ou à peu de chose .près. Pour d'autres chapitres, tous les articles étrangers à la peinture ou à la sculpture avaient été soigneusement éliminés; tel était le plan suivi pour le Louvre, les dépenses de construction devant paraître dans une histoire de ce palais. Tout ce qui se rapportait aux délia Robbia aurait été mis en œuvre dans l'histoire du château de Madrid. Si certaines lettres patentes étaient imprimées en entier, d'autres ne paraissaient qu'en analyse. Enfin M. de LaKorde ajoutait : « Plusieurs articles iront se fondre dans le volume des mélanges, tels que la mention de la Lèda peinte par Michel-Ange, et de Y Hercule sculpté par lui; ils trouveront leur commentaire douloureux dans le chapitre des Monuments détruits ou perdus pour la France. »
Si des passages aussi importants que les articles de la Léda et de l'Hercule de Michel-Ange se trouvaient omis à dessein dans cette première publication de nos comptes, c'était dans le but avoué de les employer autre part. Les lacunes que nous venons d'indiquer, et dont l'étendue devient encore plus saillante si on rapproche les six cents pages de nos deux volumes des deux cents pages de la Renaissance, ces lacunes, dis-je, rendaient utile, nécessaire, une nouvelle publication des mêmes comptes.
J'ai comparé, page par page, le texte de la Renaissance avec celui de nos volumes; pour donner une idée de la difTérence, je citerai seulement le début de ce rapprochement :
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Les lettres patentes, qui ouvrent le compte, occupent ici les pages 1 à 22, dans la Renaissance les pages 337 à 341. Voici la comparaison des pièces qui suivent :