‹ Les concessions au Congo françaisChapitre 9 sur 10 · I-e ca|)ilal initial serait remboursé en 2;) annuités de · texte numérisé non relu

I-e ca|)ilal initial serait remboursé en 2;) annuités de

10.000 francs chacune, à partir de la sixième année. L'exploitation serait donc indemne au bout de 30 ans et s'appartiendrait, puisque depuis longtemps toutes ces petites exploitations seraient en production et par conséquent, d'après le caliier des charges, devenues la propriété de la petite Société concessionnaire.

3° Multiplication de vos Sociétés pour suhteuir aux besoins de la Société commerciale. — Il est évident qu'une seule de ces exploitations agricoles serait insuffisîinte pour alimenter la Société commerciale. Mais puisque celle-ci aurait l'initiative et précéderait chronologiquement la première, c'est à elle de faire ses calculs, d'amorcer des petites Sociétés agricoles de ce genre, et d'en établir le plus possible, au risque d'être débordée, ce qui amènerait la création de nouvelles Sociétés commerciales et ainsi, par une réaction féconde, elles s'obligeraient mutuellement à se multiplier, forceraient même les Compagnies fluviales et de Chemins de fer à s'étendre, et ces quatre espèces de Sociétés ne pourraient manquer d'amener, semble-t-il, la prospérité du Congo.

Nous n'avons fait que mentionner les Compagnies fluviales; il est évident que dans l'hypothèse de la création de nos petites Sociétés, nous en supposons l'existence qui, d'ailleurs, depuis quelque temps, est un fait accompli; nous supposons aussi que, dans un bref délai, les grandes Compagnies concessionnaires auront, comme l'exige le cahier des charges, construit des pistes et des routes aboutissant sur le bord des fleuves et auront ainsi amené d'autres Compagnies à construire les chemins de fer dont nous avons parlé déjà. En attendant, les Compagnies fluviales suffiront au transit puiscjue nous avons dit que les petites exploitations seraient surtout installées sur le bord des voies fluviales. Dans l'inlervalle, il serait nécessaire que le (iouvernement veillât à ce que le tarif minimum kilométrique uniforme, actuellement existant, soit rigoureusement observé, pour empêcher les Compagnies, à la vue d'une recrudescence de trafic, soit de s'entendre pour hausser le prix des

transports, soit de se fusionner pour établir un tarif unique maximum (jui, du môme coup, ruinerait les petites Sociétés agricoles et par. conséquent commerciales et. compromettrait pour longtemps la mise en valeur et lavenir du Congo français.

6** Résultais pratiques — Quoi qu'il en soit, le système de la petite exploitation arrivé à son entier développement donnerait ce résultat : les Sociétés agricoles alimenteront les Sociétés commerciales ; celles-ci fourniront les matières de transport aux Compagnies fluviales qui, concurremment avec les Compagnies commerciales, permettront le trafic des chemins de fer, soit régionaux, soit transcontinentaux, lesquels transporteront les produits et denrées jusqu'aux Transatlantiques et Transméditerranéens à destination de TEurope.

Ces combinaisons ne sont donc pas un rêve; elles ont des bases sérieuses : des expériences peu noml)reuses, il est vrai, mais concluantes. C'est de Tarithmétique pure; reste néanmoins Taléa des lieux et des hommes. Le Congo avec ses voies terrestres et fluviales, si difficilement navigables, avec ses terres ferrugineuses, ses Galeries Forestières, brousses et savanes, jusqu'ici à peu près inexploitées, offre une grande part d'inconnu. Mais quiîlle entreprise, même la plus sérieuse, n'en contient pas? Malgré cet aléa, ces petites Soidélés resteraient toujours sûres de réaliser des bénéfices. Conçues dans un esprit largement démocratique, elles amèneront fatalement le morcellement des grands fiefs des Sociétés concessionnaires et par là aideront à la diffusion de la propriété en général, et h la multiplication des petites propriétés, base de la prospérité matérielle des habitants d'un pays. Car chaque entrepreneur a intérêt à faire produire sa petite concession et, comme la tache d'huile, peu à peu ces centres de culture rayonneront et finiront par couvrir, à une époque il est vrai assez lointaine, par suite du défaut de la main-dNeuvre, les parties fertiles et abordables du Congo.

Ces Sociétés pourraient aussi, lorsqu'elles en sentiraient

le besoin, se syndiquer entre elles pour leur propre défense, pour pouvoir résister à la concurrence des grandes Sociétés concessionnaires. Ainsi arriveraient-elles à une organisation démocratique complète, telle que Tentend le Gouvernement républicain français, et qui est encore le meilleur garant de travail, de production et de prospérité.

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