UNE MANOEUVRE SOCIALISTE ALLEMANDE
nombre de ceux qui tombent au champ d'honneur montrent que, selon le mot de Léon Daudet, bien des révolutionnaires sont de beaux soldats qui s'ignorent. La valeur du bon sang belge ou français n'est pas diminuée par une doctrine sociale. Ce que je souligne, c'est la prétention de la sozial-démocratie d'Allemagne à se faire une alliée et une complice traîtresse de la doctrine socialiste enseignée chez les Belges et chez les Français.
Les organes socialistes français seraient sages d'y contredire. D'autant plus sages que la prétention est vieille, elle ne date pas de la fin de septembre 1914. Bien avant la guerre elle a milité contre nous. En militant ainsi, le pangermanisme, couvert du masque socialiste, avait persuadé bien des esprits impartiaux de l'identité de ces deux propagandes. Quel est donc ce député nationaliste de la Pologne russe, qui, évincé par un socialiste, écrivait à la Revue Bleue de 1911 ou 1912 que, par sa sozial-démocralie, l'Allemagne était en train de conquérir les socialistes étrangers, de les détacher de leur propre pays?
Imputations calomnieuses! Contre elles les membres des organisations françaises ont protesté et protestent encore en versant chaque jour le plus pur de leur sang pour repousser l'armée barbare de la terre de la patrie. Mais on voudrait entendre un peu moins rarement la protestation des chefs du parti, de ses écrivains, de ses guides. Le parti lui-même en serait honoré et, ce qui ne gâterait rien, le pays en serait servi au lieu d'être divisé par d'absurdes potins antiroyalistes et anticatholiques.