QUELLE EST CETTE MANOEUVRE
4 novembre 1914.
Nos lecteurs, nos amis et, je l'espère aussi pour la France, nos adversaires auront découpé pour le relire et le méditer l'article dans lequel Jacques Bainville les conjurait hier de se méfier du libéralisme, du démocratisme, du socialisme allemands, comme, en général, de ce qui est révolutionnaire en Allemagne : cela tourne toujours contre nous.
L'avis de notre collaborateur arrivait à point : soit manœuvre de la finance internationale, soit intrigue des faux naturalisés allemands ou de leurs prêtenoms parisiens plus ou moins français, soit machinations de parti retour de Bordeaux, on commençait à percevoir un peu partout des murmures fort singulier tendant à indiquer qu'une fraction du monde officiel repartait dans les directions dangereuses. Pour ne citer qu'un exemple, mais aussi décisif que net, le Temps recommençait à ressembler au Temps de NefTzer, au Temps de 1860, c'est-à-dire à l'un des plus redoutables et des plus fâcheux collaborateurs de Napoléon III dans la funeste entreprise d'erreurs européennes auxquelles la démocratie libérale l'avait précipité.
Nous en sommes réduits à regretter non seulement l'attitude du Temps en août HH 1, mais celle qu'Adrien Hébrard, imprima parfois a m. n journal, les années précédentes, et lui avait fait de cet organe