CALOMNIES ET CALOMNIES
8 novembre 1914.
« Tandis qu'une certaine presse se plaît à dénoncer de prétendus calomniateurs du clergé »....
Ainsi commence un Premier Bordeaux de la Lanterne. Une «: certaine presse », c'est nous. Les prétendus calomniateurs » ont été déjà signalés, certifiés, authentiqués, par un préfet, un sous-préfet, un commandant de place. Si Ton veut connaître en quoi les calomnies consistent, en voici une prise au hasard et traitée comme elle le méritait d'après une coupure de la Vie paroissiale de Plœuc paroles lues par le curé au prône des trois messes.
Je porte à votre connaissance et avec l'agrément de Mathurin Denis, maçon, époux Ruellan, de Saint-Eloi, qu'en audfence de justice de paix du 22 octobre dernier, il a rétracté les paroles injurieuses qu'il a tenues publiquement à mon égard, m'accusant faussement d'avoir porté de l'argent aux Allemands pour nous faire la guerre, et m'a fait à ce sujet des excuses complètes, me disant qu'il ne croyait pas un mot de cette histoire qualifiée de grotesque.
Suit la juste menace des recours plus sérieux que prendrait le curé de Ploeuc si l'accusation grotesque venait à se renouveler. Il importe de féliciter ce curé énergique qui sait ainsi défendre son honneur de prêtre français. Mais il ne servirait de rien de demander à la prétendue Lanterne de reproduire ce document, de nous dire ce qu'elle en pense et de nous expliquer pourquoi elle a parlé de ces calom-
nies avérées comme de calomnies prétendues. La prétendue Lanterne est la simple vessie de l'obscurantisme. Je lui fais l'honneur de penser qu'elle n'a pas assez de clarté dans l'esprit pour se rendre compte de la gravité des divisions ainsi provoquées devant l'ennemi.