DU DANGER DES ESPIONS
M. Gustave Hervé parle moins avantageusement depuis quelques semaines du consulat austro-allemand ouvert d'abord à grand fracas dans les bureaux de son journal. Mais à propos d'une mesure officielle très légitime, la revision des permis de séjour des étrangers à Paris, il déclare dans la Guerre sociale, qui n'a jamais mieux mérité son titre, compter parmi ses relations un certain nombre d'Alle-
bataille engagée contre l'optimiste des pacifistes, l'inconscience, la vulgarité et souvent la malhonnêteté des gouvernants et l'antipatriotisme des socialistes, dans leur généreuse tentative de délivrance et de reconstruction de la conscience nationale. Les faits avec leur éloquence sans réplique ont démontré combien ils avaient raison; mais cela ne saurait diminuer certes, même de peu, la douleur qu'ils soulTrent dans les heures tragiques traversées par la France, heures que leur amour dévoué et clairvoyant du pays, leur passion brûlante pour la patrie n'a pu épargner à la nation. Nous avons le devoir de nous incliner devant la soufTrance de ces hommes, nous qui traversons ces tristes jours dans une anxiété profonde, sachant notre pays absent encore du champ de bataille où les peuples écrivent avec leur sang les pages de leur histoire et s'élancent à la conquête d'une destinée plus glorieuse.
« On ne croyait plus à la guerre, tous avaient foi dans la paix.... «
L'éloquent collaborateur de Yldea naz-ionale, M. Luigi Silvio Amoroso, n'exagère-t-il pas en quelque mesure le parti pris de désarmement du gouvernement français? Cela n'a été vrai que jusqu'en 1912.
mands ou d'Auliichions qu'il ju;,-^*^ omis flo la Frauce. Sans s'ohjcclcr qu'il y en a bien d'antres qui sont nos ennemis, sans prévoir que le lecteur fera l'objection ou qu'il se demandera ce que valent les certificats de patriotisme signt^s Gustave Hervé, il essaie d'introduire, au nom de l'honneur français ou de l'intérêt bien entendu de la France, cet esprit de laisser aller qui nous a fait tant de mal!
Après tout, dit-il, les espions ne sont pas « bien dangereux ». Les aéros allemands en apprendraient beaucoup plus à l'état-major ennemi « que tous les espions possibles etimaginables ». Et, le tour, croit-il, étant joué, il revient à la défense de ses espions favoris que, par goût du bon ordre, nous ne nommerons pas'.
Mais nous mettrons sous les yeux du public vingt lignes tirées du Temps. Comme un Bordeaux retour des Indes, ce Temps retour de Bordeaux ne manque pas de bouquet. Le grand journal de la République raconte, d'après un rescapé du siège de Maubeuge, comment l'espionnage allemand n'a pas cessé de miner et de contrarier la défense de cette place forte. Ce que ne pouvaient réussir les aéros allemands les agents de ^.'ll'(7n^G^/e/•re l'avaient fait ou continuaient paisiblement à le faire.
Le tir allemand avait été repéré d'avance et très soigneusement. Lescaponnièresdufort où se trouvait le soldat dont nous rappelons les impressions ont été détruites dès les premiers coups de canon. Les grosses pièces de siège employées par les Allemands reposaient sur des plates-formes bétonnées faites avant la guerre, sous