‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 115 sur 238 · VERS L'UNITÉ FRANÇAISE · texte numérisé non relu

VERS L'UNITÉ FRANÇAISE

2Ct septpml)rp 1914.

L Action franraise n'a pas d'opinion sur la censure, dont toute la presse dispute.

L'Action française n'a pas d'opinion sur le diflerend de ]\L Lavisse et de M. Hanotaux.

L'Action française n'a même pas reproduit l'article où M. Hanotaux se vantait d'être allé organiser la victoire en province, ni larticle où M. Lavisse a si fortement secoué son collègue académicien.

L'Action française s'est, en revanche, associée de tout son cœur au deuil de M. Lavisse dont la petite maison natale de Nouvion-en-Thiérache, pleine de souvenirs, pleine d'œuvres et de pensées, a été ruinée par les obus allemands et dans laquelle l'Allemagne campait hier si elle n'y campe aujourd'hui encore. Il n'est pas un Français de la classe moyenne française, si sa tête a dormi sous le toit paternel, qui ne veuille' ajouter ses regrcls douloureux à ceux que l'Académie vient d'exprimer solennellement à M. Lavisse.

Seulement l'Action française adressera les mêmes sympathies profondes et les mêmes regrets respectueux à Monseigneur le duc de Guise s'il est confirmé, comme le bruit en a couru, que l'habitation de ce prince du sang, cousin germain de Monseigneur le Duc d'Orléans, a souffert au Nouvion-en- Thiérache des dommages pareils et d'égales profanations. M. Lavisse est du petit nombre de ceux qui

ont aimé, senti, raconté l'Histoire de France. S. A. R. le duc de Guise est du petit nombre de ceux dont le nom incarne la continuité de celte belle Histoire. Ah! si ces deux élites celle du sang et celle de la pensée pouvaient enfin se comprendre et se rencontrer !

L'Action française n'en a point désespéré. Elle poursuit avec une indomptable ténacité son dessein, déjà vieux de quinze ans et toujours en progrès, de réunir en un même effort national cette Maison de France, qui, toujours florissante, représente chez nous les Pères de la Patrie, et la Race des patriotes qui ne sont désireux que de servir la France, de la maintenir, de l'affermir, de l'étendre et de la glorifier à jamais.

Notre dessein n'est qu« d'amener aux premiers serviteurs de la Patrie, aux Princes, une foule sans cesse accrue de patriotes prêts à la servir avec eux. Et si nous pressons les patriotes d'acclamer ces Princes et de mettre à leur tête le Chef de la Maison de France, c'est que nous sommes en mesure de leur montrer que c'est la condition première du bon et utile service de notre Patrie.

Ah ! sans doute nous pouvons nous tromper. Mais nos longues années de discussions, d'études, d'expérience sont là pour montrer que les chances d'erreur sont, de notre côté, infimes et, du côté de l'adversaire, épouvantables. Nous n'en triomphons pas. Nous disons à l'adversaire, s'il est Français : — Ami Français, asseyez-vous à cette table ou dans cette chaire, et montrez que nous nous trompons, et si vous ne le montrez pas, nous essaierons de faire

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voir (jue la raison est v(''rilal)leineiit avec nous, afin que vous la suiviez comme nous.

Mais voici qu'un article do M. lùlouard Vaillanl qui paraît à V Humanité ce matin, nous annonce que les délégués des anciens combattants de la Commune sont allés faire visite au groupe socialiste de la Chambre pour se plaindre des menées réactionnaires. El pour preuve de ces menées, M. Vaillant cite un article de M. Heinach et un article de M. Arthur Meyer. Sans vouloir remonter aux auteurs de ces deux articles et sans leur demander quelles sortes de jeu ils jouent, je prie M. Vaillant de vouloir bien penser à nos menées à nous. Elles se font à ciel ouvert. Elles consistent à prier les bons citoyens, (juels qu'ils soient, de songer à notre plus grand intérêt politique commun, qui est la vie de la France et la connaissance des conditions de son salul.

M. Vaillant croit que ses adversaires escomptent la défaite. Il se trompe bien tristement! Nous ne rêvons que la victoire. Afin que la victoire soit, nous ne cessons de demander pour les civils et les militaires qui sont chargées de veiller à nous la procurer, le maximum de liberté, c'est-à-dire d'autorité. Nous faisons ce que l'autorité nous demande. Nous évitons de faire ce qu'elle nous prie d'éviter. Et nous tâchons d'épargner non seulement à nos amis, mais aux citoyens des partis opposés aux nôtres, les erreurs de jugement aussi bien que les erreurs de fait, car les unes et les autres les empoisonneraient tous.

Comment ce progrès des lumières pourrait-il inquiéter des républicains "^

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