‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 179 sur 238 · LA DOCTRINE NATIONALE · texte numérisé non relu

LA DOCTRINE NATIONALE

21 octobre 1914.

Après avoir exposé quel nationalisme avide et glouton est propre aux races germaniques, Alfred Capus publie au Figaro ces définitions lumineuses d'un nationalisme français :

... Si cette guerre condamne un nationalisme furieux, qui ne se nourrit que de lui-même, vit de sa propre exaltation et finit par le détraquement, elle donne en revanche raison avec éclat à un nationalisme large et noble, ou plutôt à une doctrine nationale qui nous conduit à regarder toutes choses d'abord sous l'angle de la patrie.

Ce n'est qu'après cette adaptation que l'esprit arrive sainement à la notion de solidarité entre les peuples et d'humanité.

C'est alors en effet, et alors seulement, comme le dit Capus, que l'intelligence trouve une « base solide » sur « laquelle elle peut construire des rêves « d'avenir avec des éléments de réalité et de vérité », qui lui fournissent une « direction » et qui lui montrent un « chemin ».

A cette indication si remarquable, Capus ajoute la vue générale :

C'est par l'idée de patrie que l'idée de fraternité entre nations a pris sa valeur.

Il n'y a pas à fortifier d'un appareil de preuves ces vérités dont la justesse est évidente au premier aspect. Ce que nous voulons ajouter, pour réunir

LA DOCTRINE NATIONALE. VtS

solidement, h ce beau midi de l'cspril [)ublic français les anciennes heures crépusculaires d'il y a qui-ze ans, c'est que le principe reconnu ainsi par Capus en tôle du Figaro csl exactemenL, molp;tr mol, celui (jui fut souscrit au premier berceau de notre œuvre. On le formula en articles revêtus d'une vingtaine de signatures, qui sont conservées au numéro du 15 novembre 1899 de la Revue d'Action française. Le premier de ces articles pose la nécessité de la société pour l'homme. Le second affirme que

de toutes les formes politiques usitées par le genre humain, la seule complète, la plus solide et la plus étendue, est évidemment la nationalité

et que depuis la Réformation du seizième siècle, où se fit la scission de l'antique République chrétienne, qui continuait à quelques égards l'unité du monde romain,

la nationalité reste la condition rigoureuse, absolue de toute humanité. Les relations internationales, qu'elles soient politiques, morales ou scientifiques, dépendent du maintien des nationalités. Si les nations étaient supprimées, les plus hautes et les plus précieuses com munications économiques ou spirituelles de l'univers seraient également compromises et menacées; nous aurions à craindre un recul de la civilisation.

Troisième article :

Entre Français, toutes les questions pendantes, tous les problèmes diviseurs, doivent être coordonnés et résolus par rapport à la nation.

A l'article final, tous les Français étaient adjurés de ramener à ces vérités tutélaires leurs compatriotes aveugles ou négligents.

Quel immense malheur qu'une vérité aussi claire n'ait pas suffi à rallier à soi tous les cœurs et qu'il y ait fallu le fléau des épouvantements de l'Europe!

Page 1