‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 181 sur 238 · LES GERMAINS PEINTS PAR EUX-MÊMES · texte numérisé non relu

LES GERMAINS PEINTS PAR EUX-MÊMES

22 octobre 1914.

Un pasteur de TÉglise réformée, habitant Vernoux en Ardèche, vénérable vieillard de plus de quatrevingts ans, le Nestor du protestantisme européen, ayant connu jadis, en 1869,1e prédicateur de la Cour de Berlin M. le pasteur Dryander, lui écrivit tout au commencement de la guerre pour lui proposer une déclaration commune : 1° de leur patriotisme respectif, qui les divise de sentiments et d'intérêts terrestres; 2° de leur commune foi chrétienne qui les réunit dans le ciel, mais qui, dès lors, les oblige tous deux

à employer toute l'influence dont ils peuvent disposer pour que la guerre soit conduite avec autant d'humanité que possible, pour que le vainqueur quel qu'il soit n'abuse pas de sa force, pour que les personnes et les droits des faibles soient respectés...

Au bout de six semaines, M. le pasteur Dryander répondit dans le Norddeutsch Allgemeine Zeitung, « sans avoir pris la peine d'en aviser son correspondant », note le Journal de Genève. Cette réponse est un refus. Et quel !

Après avoir consulté deux autres théologiens de son Éghseet de son pays, le docteur Lahusen et le licencié Axenfeld, qui ont signé la lettre avec lui, M. Dryander déclare repousser les propositions de M. Babut, non dans leur principe, mais pour un savoureux motif accessoire.

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