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LES SOCIALISTES ALLEMANDS ET LA GUERRE

Karl Liebknecht et Franz Mehring, Mmes Rosa Luxembourg et Clara Zetkin ont fait le 10 septembre une déclaration reproduite dans la Neue Zurclier Zeitung du 1«'" novembre, protestant que pour eux et « assurément », disent-ils, pour « bon nombre d'autres socialistes allemands », l'attitude nationaliste impérialiste de Sudekum et Richard Fischer ne correspondent pas à leur point de vue. Ils ajoutent qu'ils ne peuvent exposer publiquement leurs opinions en raison de l'état de siège. N'auraient-ils pas pu Finsinuer tout au moins? Ces opinions sont d'autant plus imprécises que Karl Liebknecht a fait bon ménage, à Bruxelles, avec des socialistes venus pour suggérer aux camarades belges une reprise du travail que désirait fort l'empereur.

En 1870, Wilhelm Liebknecht, le père de Karl, et Bebel mettaient plus de vivacité à leur opposition. Cela permet de mesurer le déclin des idées révolutionnaires en Allemagne, l'évolution opportuniste et nationaliste de la Démocratie sociale. En revanche, les socialistes de l'empereur n'impérialisent pas à moitié : M. Otto Hue, député socialiste à la Diète prussienne, reproche âprement aux socialistes étrangers de refuser d'examiner le fabuleux projet de

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violation do la Bolgiquo impuln à la France et à l'Angleterre. L'article de M. Otto Hue dans le Journal de Bochum constitue, dit le Tempa^ un acie de foi patriotique sans réserve et de solidarité absolue avec le militarisme prussien. « Nous autres socialistes allemands! » chante M. Hue :

Le fait essentiel est que notre patrie est attaquée de tous côtés. Cette patrie n'a pas toujours très bien traité les socialistes ; néanmoins, nous sentons, nous autres socialistes allemands, que nous sommes des Allemands et devons affirmer notre solidarité avec tous nos compatriotes. Advienne que pourra. Je sais que ce sentiment de solidarité anime les camarades du parti. Je considère de mon devoir à cette heure grave, de le dire bien haut.

Après la guerre les camarades du parti s'occuperont de « remédier » à ce que M. Otto Hue appelle le complet afTolement de « quelques-unes des personnalités socialistes importantes de l'étranger ». Le remède allemand ainsi annoncé, si on lui jpermettait d'être administré, ne manquerait certes pas d'énergie.... Il faut soumettre ces façons allemandes de dire et de penser aux socialistes français que n'auraient déjà point suffisamment écœurés la défense de la race allemande, du génie et du sang allemand, qui continue à s'épanouir dans la feuille du parti * : amoureuse obstinée de l'esprit germanique et rouée de coups par l'amant quand donc cette Martine fmira-t-clle de prendre ce plaisir sadique à être battue? Les chefs devraient s'apercevoir qu'ils ne sont pas seuls à encaisser : il y a leurs hommes, il y a la France.

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