‹ Les conditions de la victoire (volume 3)Chapitre 43 sur 238 · DEUIL PROVENÇAL · texte numérisé non relu

DEUIL PROVENÇAL

ranl aux Rouvicr, conlinuanl par les Clemenceau ou les PcUetan et se terminant par ces fauteurs de l'anli-militarismc avou6 qui n'ont que trop infesté nos parages, qui n'ont que trop chanté dans le voisinage dos troupes :

Salut, salut à vous!

Nobles soldats du dix-septième!...

Dans un port de mer qui le mettait d'ailleurs volontiers en minorité, j'ai vu pendant vingt ans, un député de la circonscription, agitateur et doctrinaire, rallier les moins bons éléments du pays contre les plus honorables fonctionnaires de la Marine. La vingt et unième année il reparut avec sa cour des miracles habituelle, mais, cette fois, pour récompense, il était ministre de la Marine, et les habits brodés d'argent se tenaient inclinés devant lui au débarcadère .... La prime ainsi donnée à un certain talent révolutionnaire élève forcément la cote de l'esprit d'anarchie. Enchérir sur le radical paraît la voie normale des honneurs, des triomphes, d'ailleurs suivis d'assagissements fructueux. La conscience d'aucun peuple ne tiendrait contre celte immoralité en action. Et la fibre morale une fois relAchée, la fibre physique est malade.

Mais, encore une fois, devantl'ennemi, toutchange, tout se réforme, quand les énergies du passé veulent refleurir. La mobilisation s'est faite en Provence avec un enthousiasme, un élan auquel nul ne s'attendait, les régiments ont quitté nos villes comme pour une promenade h la campagne, le mauvais esprit ne s'y faisait pas sentir et les renseignements

qui circulent s'accordent à montrer que les défaillances partielles ont causé une vive horreur parmi les compagnons d'armes des défaillants.

De cette horreur sacrée jaillira bientôt la revanche de nos soldats. Peut-être déjà est-elle obtenue. Nous ne demandons d'ailleurs pas à la connaître, non plus que nous n'aurions demandé à savoir le crime. En de si cruelles rencontres, un seul parti est sage, le parti pris, bien pris, de ne point gêner l'action par la critique. On ne me fera jamais prendre les bureaux officiels pour un organisme infaillible. Ils peuvent et doivent se tromper. Mais ils peuvent aussi paraître se tromper en ne se trompant pas ou en se trompant moins qu'il ne semble : dès lors leur position de gens qui savent n'est-elle pas supérieure à la nôtre, qui sommes aussi faillibles qu'eux, et qui ne savons pas? Les silences de ces messieurs peuvent avoir tous les défauts et tous les inconvénients énumérés par M. Clemenceau ou par M. Pichon. Mais voici qui doit tout régler : dans l'excès de parole que l'on réclame d'eux ou dans celui que l'on se permet sans leur permission, il peut se cacher tel péril incomparablement supérieur, inconnu de nous et qu'ils savent !

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