POUR QUE CELA NE RECOMMENCE PAS
Nos socialistes — si conlianU dans le cœur des social-démocrates de demain, qui les ont trompés, tout hier, — si disposés à tenir pour certain ce qu'ils leur verront inscrire sur des bouts de papier, — si complètement satisfaits par la mythique promesse de détruire le militarisme prussien, ils reculent d'horreur au contraire quand on leur dit :
« La Prusse est un pays fait de pièces et de morceaux, profitons-en quand nous serons entrés à Berlin ; quand les Hohenzollern auront été fusillés, faisons disparaître jusqu'au nom do leur royaume, faisons-le revenir à ses éléments! que les parties en soient redistribuées aussi nombreuses, aussi minimes que possible entre tous les intérêts et toutes les autorités qui peuvent soutenir une administration ! >
Les socialistes poussent des cris sauvages quand on ajoute : « L'unité allemande est surtout une idée; c'est ce que, au fond, Bûlow reconnaissait dans son livre de l'autre année : // 7iy a que des Allc' magnes. Recherchons les intérêts, les sentiments, les tendances, les organisations, les Étals centrifuges qui maintiendraient ces Allemagnes diverses, aidons-nous-en pour nous délivrer de celle unité dangereuse et malfaisante qu'Anatole France a si bien qualifiée d*exécrable. »