‹ Les conditions de la victoireChapitre 181 sur 204 · UNE OUTRANCE BOCHE · texte numérisé non relu

UNE OUTRANCE BOCHE

i" juin lui;*!.

I.('*i aflii'hes honlcusos posées par les annrcbislcs il antimilitaristes on vue d'essayer de faire croire que « Léon Daudcl el les royalistes d* Action française » € poip^nardent » la patrie, ont été recouvertes dans les vingt-quatre heures. On a compris que, celte fois, la dose d'impudence avait été trop forte. Comme disait M. Marcel Scmbal, dans son fameux livre de 1915, Faites un roi, sinon faites la pai.c, « Joseph Caillauxn'a pas de bon sens • ; ce qu'il n'est pas interdit de traduire : — Joseph Caillaux a le fond de l'âme un peu boche.

Le fond de l'ôme, entendez par là les cadences mystérieuses du goût. C'est peut-être ce qui distingue le mieux (sinon le plus) le Français de l'Allemand, le civilisé du barbare. Prenez dans leurs pires outrances l'orateur et l'auteur comique d'Athènes, ouvrez au chapitre des hautes invectives le satirique

1 le moraliste classiques ou, pour épargner tout Nuyage, suivez, jusqu'au plus véhément et au plus passionné de ses charges à fond, le Parisien fils de Languedocien et de Bretonne Léon Daudet, vous admirerez, si vous savez lire, comme le point où il s'arrête est celui du plus grand effet obtenu. La flèche qui s'enfonce en vibrant de joie est au but. La » isée était bonne, bon le sens des distances, bon le

u de force mis en action. Il y a convenance de l'ef-

310 Lt l'AULI-MENT SE HLLMT.

forUît du lé.sull.'it, plônihifl»' assurée demojrcu:^ i-roporlionnels aux fins.

On ne fera jamais comprendre à M. Caiilaux, ni à quelques politiciens de sa bande qu'il n'y a pas de proportion entre la France et leurs ambitions, la France et leurs intérêts électoraux, la France et leurs petits profils pécuniaires. De là ce renversement de tous les rapports des choses qui, avant même d'être qualifié, comme il le mérite, de criminel, apparaît d'abord insensé et. plus encore qu'insensé : choquant jusqu'à l'insulte pour notre faculté d'apprécier et de classer les choses suivant leur genre ou leur grandeur.... Pauvres gens à qui l'on démontre, pièces en main, qu'ils sont les complices des Bochc^ et qui croient répondre en imaginant cet écho rageur, vide et vain : — Vous êtes complices des Boches !

— Nous sommes un vieux peuple, ce vieux peuple est né raffiné.... Même dans le sommeil démocratique et républicain, son génie, son instinct hérissés en secret montent sans le savoir, presque sans le vouloir, la plus vigilante des gardes contre vos tentations grossières, celles dont la stupidité' égale la sordidilé. Peut-être auriez-vous pu réussir autrement. Pas comme ça. Pas comme ça.

LAML.NDtMKNT DKLAIIAVli \r IMIOJET DALBIEZ

'16 juui l'Jlo.

Ce qiii » i.iii li'j.i -« ii^ibU', «laprès V Analytique, dont nous avons donné hier un oxtrait. est devenu, d'après VOfficiel, éblouissant.

Le Journal Officiel de la y^.:^/. ./...,«.. //.,,. -,,oétablit que non seulement le député royaliste de Cholet aura servi une cause raisonnable et juste en crislallisant pour THisloire certains états d'esprits significatifs, mais il aura aussi obtenu de façon immédiate, lamélioration de la loi sur un point '• >pital.

Nous avons eu l'occasion de dire qu'un ancien urlicle du projet Dalbiez (l'article 10, sauf erreur) prescrivait des tx'imlilf's contre les embusqués énumérés ainsi

« Tout chef de service dans Tordre administratif ou « militaire, tout directeur d'usine ou d'entreprise pri- < vée, ou toute autve personne... ».

Dans le texte, tlont le président de la Chambre, Paul Deschanel, a donné lecture samedi aprèsmidi au Palais-Bourbon, le très précieu.x membre de phrase « toute autre personne » avait disparu. Comment? Je l'ignore. .Mais le fait est là.... Le paragraphe 2 du môme article, devenu l'article 7, avait fini par revêtir la rédaction que voici :

■lis LK i'AHLh.MI.M r^h liKLMl.

Tout chef de service dans l'ordre adiiiinislratif ou militaire, tout directeur d'usine ou d'entreprise privée qui aura facilité sciemment le délit ci-dessus spécifié, sera poursuivi dans les mêmes conditions comme complice et puni des intimes peino^

Ainsi, en se promenant de couloirs en commissions et en bureaux, le « toute autre personne » s*élait évaporé. Inutile de rechercher au profil de qui : les complicités des particuliers non-fonctionnaires civils et militaires, ou non-directeurs d'usines ou d'entreprises devant être extrômeraenl rares, qui pouvait profiter de Timmunité assurée à « toute autre personne », sinon le monde des élus? C'est donc un petit privilège des politiciens que l'intervcnlion de M. Jules Delahaye aura brisé dans l'œuf:

M. i.K Présidknt. — Nous passons à un amendement de M. Delahaye tendant ù intercaler après le 2* paragraphe de cet article le paragraphe suivant :

« La jyeine sera élevée au double lorsque le délinquant sera investi d\ui inamiat électif. *

M, Jules Delahaye. — Messieurs, je ne sais quel degré de popularité atteindra votre loi, mais si elle en a quelqu'une, elle la devra surtout au paragraphe que nous examinons en ce moment parce qu'il vise les € embusqueurs ». Vous avez fait une énuméralion, procédé toujours dangereux lorsqu'on parait oublier le principal. Or, dans un régime d'opinion publique — et vous vous flattez tous les jours de représenter d'abord ce régime — un Parlement doit être informé de l'elTet moral de ses actes. En désignant aux sévé rites de la loi, à côté des fonctionnaires et dos induN triels, les élus locaux et nationaux, vous ne manquerc/. ni de modestie, ni d'iVpropos.

Mon amendement a cet avantage qu'il n'a pas besoin de développement; vous compléterez ma pensée tout

• AMKNDLMâ, ,. .^LLAUAU- AL l'JuOLT DALlill./.. .;

.(S. Vous savez bien que, dans la presse de gauche, comme dans celle de droite, on accuse surtout l'influence politique des élus, d'avoir nécessilr une loi

ir les embusqués.

Ici un incident sans inlériH donna lu mesure des nlimenls anticléricaux de l'audiloii.'

TOUTE AUTRE PERSONNE u

M. Jules Di:lahaye. - Je crois, messieurs, qu'un oubli fik'hcux a été commis dans le texte de la loi. Vous soumettez à des sanclions pénales tous les chefs de service de l'ordre administratif, do l'ordre militaire ; vous frappez tous les directeurs d'usines, d'entreprises privées, et vous enlevez de votre texte même les quelques mots pourtant bien discrets que M. Dalbiez avait eu soin d'ajouter « et toute autre personne ». Cette adjonction était bien circonspecte, et, si elle avait été maintenue, je n'aurais peut-être pas eu à intervenir.

M. LK Rapporteuk. - IS'ous ajouterons ces mots.

Voilà une promesse qui n'eût pas été faite sans 1 intervention de M. Jules Delahaye! L'occasion môme en eût manqué. C'est pourquoi l'orateur avec autant de flegme que do spirituelle vigueur :

M. Jules Delaham . \ ous ferez bien, car votre omission a été très remarquée.

le vous demande donc d'intercaler un paragraphe 1 li^vant la peine au double pour les députés qui s'oublieraient assez, au moment de voter une loi sur les embusqués, pour s*cmbusqucr eux-mêmes à l'abri du code pénal. {Tyè:i bien! Très bien! sur les bancs de droite ' le l'actiun libêraU'.)

M. LE Président. — Vous demandez d'ajouter les •ts: « de toute autre personne » 1

M. Jules Drlahayb. — Je maintiens mon texte, mousicur le président.

M. LK Prlsii>p:nt, — Je mets aux voix l'amendement de M. Delahaye.

(L'amendement, rais aux voix, n^est pas adopté.)

« La Chambre fait la grimace » obsen'e VEcfio de Paris. El le Figaro : « La Chambre a paru goûter médiocrement la proposition. » Elle a refusé, c'était son droit. Nous apprécions, c'est le nôtre. Mais il a fallu donner satisfaction séance tenante, au sentiment public, à la logique, à la moralité générale : on a rétabli l'adjonction qui, « si elle eût été maintenue » aurait disntMisr M. D^'lahavc d'iiilpivenirî

M. LE Pulm !>.:..> 1 . .,o /#tcto ....... .w,.c i.....iilenanl

l'addition proposée par la commission et qui consiste à ajouter les mots . • et toute autre personne ».

(L'addition, mise aux voix, est adoptée.)

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