‹ Les confessions de FréronChapitre 76 sur 189 · Ibid., pages 261 et · texte numérisé non relu

Ibid., pages 261 et

■i. Ihiil., tome VIII. pages 299 et 300.

ti'e nés en France, en Turquie, dans l'Abyssinie, au Japon, etc. Ils n'ont donc point de patrie, à moins qu'on ne dise que le monde entier est leur patrie ; mais alors ce n'est point avoir de patrie.

Avoir une patrie, c'est aimer le pays où l'on est né, c'est s'applaudir d'y avoir reçu le jour, c'est respecter ses lois, ses maximes, ses usages, c'est préférer ses vertus à toutes les vertus topographiques des autres contrées, c'est consacrer ses veilles, ses travaux, ses talents, sa vie même, s'il en est besoin, au service de l'État, c'est désirer et procurer de tout son pouvoir le bonheur et la gloire de ses concitoyens, en un mot, c'est être embrasé des mêmes sentiments qui enflammaient les Grecs et les Romains pour les lieux qui les avaient vus naître^.

Un bon livre de philosophie morale n'est autre chose que le développement heureux des idées et des sentiments du commun des hommes. Il faut qu'à chaque trait un lecteur qui pense, ou qui du moins est en état de penser, puisse dire : « Cela est vrai ; c'est ce qui se passe dans moi; c'est ce que j'ai remarqué dans les autres. »

Pourquoi Montaigne, la Bruyère, la Rochefoucault, sont-ils depuis si longtemps en possession comme en droit de nous plaire? Parce qu'ils nous découvrent ha-

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