L'Année littéraire, tome VI, pages 143 et
l'art, plus on s'éloignera de la perfection, et moins il y aura de mérite à réussir.
Quel<gue touchantes que pussent être des tragédiesen prose, elles seraient toujours très-inférieures aux tragédies écrites en vers aussi beaux, aussi élégants r aussi parfaits que ceux de Racine. Z« Tartuffe^ le Misanthrope, les Femmes savantes, qui sont en vers, sont fort au-dessus des plus belles comédies de Molière en prose 1 .
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Les beautés de sentiment sont partout les mêmes ; «examinons dans cette partie les Grecs et les Français., et voyons qui possède le plus de ces beautés universelles; alors nous jugerons.
Le génie doit vaincre, subjuguer nosw«wr«, nosprtfjugés, dos caprices. Je ne tiens nul compte à Racine de nous avoir créé dans son Iphigénie le personnage d'Ériphile ; je n'ai aucune obligation h un homme qui prendra beaucoup de peine à creuser mille petits canaux, parce qu'il n'a pas eu la force d'élargir le lit d'un fleuve fécond ; ce qu'on appelle subtilité et adresse est une pure perte pour les hommes, lorsqu'il n'en sort pas des beautés réelles.
Qu'il naisse un Corneille, un Crébillon, ils se rendront également les maîtres de la scène et des âmes françaises ; et s'ils nous transportent, s'ils nous élèvent, s'ils nous arrachent des larmes, des sanglots,