Vôyea la note de Fréron, pages 266 et
« Ma perte, monsieur, est encore plus grande; je perds un bienfaiteur, un guide, et plus que tout cela, un ami. S'il a paru de moi quelque écrit qui ait mérité des applaudissements, si j'ai montré quelque étincelle de talent et de goût :
C'est h vous, Ombre illustre, à vous que je le dois \ »
Resté seul et libre à vingt-six ans, par la mort de son maître (1745), Fréron entreprit ses premières feuilles périodiques sous le pseudonyme de Lettres de madame la comtesse de *** sur quelques écrits modernes*; la première de ces lettres est datée du 1 er septembre 4745, ce qui donnerait à penser que Fréron n'attendit pas la mort de son maître (arrivée au mois de décembre de la mémo année) pour voler de ses propres ailes. Mais c'est une simple question d'antidaté, et pas davantage.
Cette comtesse de *** était l'interprète de la raison et du bon goût, et elle s'exprimait avec autant d'esprit que de sel. Comme la réputation de plusieurs beaux esprits n'était pas ménagée dans ces feuilles, ils eurent le crédit de les faire supprimer.
Il ne parut que dix-neuf lettres; la dernière est datée du 25 juillet 1746.
Yoici de quelle façon spirituelle et originale la comtesse exposait le plan de sa correspondance à une de ses amies de. province, à qui elle l'adressait :
« Je vous plaindrais, madame, d'être obligée de vivre en province, si je ne connaissais votre goût