PERSONNES EXERÇANT UNE PROFESSION
Hommes 12.061.000
Femmes 6.382.000
Sexe inconnu 23.000
Total 18.467.000
Population travaillant à l'étranger 4.500
Population comptée à part non professionnelle 1.028.000
Personnes vivant de leur revenu sans profession 17.769.000
Total 38.269.500
Lia population active en chiffres ronds est donc de 18.500.Q00 personnes, soit de 48 p. 100.
Sur ces 18.500.000 personnes, l'agriculture
comprend 45 p. 100
L'industrie (transports compris pour 6,61) . . "34,60 —
INTRODUCTION xix
Eïi faisant entrer en ligne de compte tout établissement comprenant au moins un ouvrier ou employé, les ouvriers et employés, y compris les domestiques agricoles du sexe mascujin, sont au nombre de :
Dans l'agriculture 2.166.000
Dans rindustrie 2.662.000
Dans le commerce 554.000
Total 5,382.000
Dans ce total, se trouvent des enfants et des jeunes gens qui ne sont pas encore électeurs. Or, aux élections de 1898, il y avait en France 10.796.000 électeurs inscrits. Les ouvriers et employés en représentent doiic numériquement la moitié; mais ceux de Findustrie ne représentent que 24 p. 100, et en réalité leur proportion est moindre *.
Si nous entrons dans le détail, nous trouvons que les nombres moyens des salariés par établissement sont les suivants :
Noml.re des Nombre des Nombre
établissements. salariés. moyen.
Agriculture. . . 1.489.500 3.259.600 2,1 Industrie. . . . 583.600 3.786.000 6,5
Commerce . . . 249.600 657.000 2,6
Dans l'industrie le nombre moyen est donc de 6,5 ; 85 p. 100 des établissements ont de 1 à 4 salariés; 13 p. 100 de 5 à 50; 1,21 p. 100 ont de 50 à 500 et
1. Recensement des professions^ t. IV, p. LXIX. — Tableau des élections de la Chambre des députés, 1898.
XX INTRODUCTION
, la statistique attribue plus de SOO ouvriers seulement à 0,08 des établissements industriels, un sur 800!
Les ouvriers mineurs ne comptent que pour 2,4S p. 100 de la population active. Les ouvriers métallurgistes, au nombre de 60.000, ne comptent même pas pour une unité, 0,88 p. 100.
Chaque fois que les ouvriers des mines se mettent en grève, ils demandent à tous les ouvriers qui se servent de la houille, à tous les ménages qui en emploient pour se chauffer, de les aider à relever le prix du combustible du foyer et de Fatelier. Quand les ouvriers métallurgistes se joignent à eux, ils tendent à imposer une surcharge sur les matières premières aux 80.000 maréchaux ferrants et à toutes les industries pour lesquelles le fer et l'acier sont des matières premières..
Les grandes grèves des mineurs et des métallurgistes sont sensationnelles; les journalistes s'agitent, le Parlement s'émeut, les ministres font intervenir leurs fonctionnaires, mais les gens qui comptent sont en assez grand nombre pour dire : Pourquoi donc, à nos dépens, subirionsnous les exigences de ces ouvriers qui entendent dicter leurs lois à la France, alors qu'ils représentent 3,33 p. 100, pas 3 1/2 p. 100 de la population active de la France?
Les salariés des industries, qui sont le plus fortement liées aux syndicats, se feraient donc de grandes illusions, en supposant qu'ils peuvent jamais devenir la majorité et imposer leurs vo-
y, KM
INTRODUCTION xxi
lontés. Ils doivent plutôt craindre qu'à certains moments, leurs prétentions ne provoquent des réactions.