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LA MÉTHODE DE KARL MARX

Je prends le mot sophisme dans le sens où remploie Bentham. « Le sophisme est un argument faux revêtu d'une forme plus ou moins captieuse. Il y entre tou-

jours q^uelque idée de subtilité, quoiqu'il n'iùiplique pas nécessairement celle de mauvaise foi. Le sophisme est mis en œuvre pour influer sur la persuasion d'autrui et pour en tirer quelque résultat. L'erreur est Tétat d'une personne qui entretient une opinion fausse : le sophisme est un instrument d'erreur*. »

L'influence de Karl Marx, comme de tous les prophètes, résulte m9ins de ce qu'il a dit que de ce qu'il promettait de dire. Si on se permettait quelques objections au premier volume du Capital paru en 1867, ses disciples fidèles faisaient acte de foi au second volume qui ne devait paraître qu'en 1885, deux ans après la mort de Karl Marx. Et si on osait encore contester quelques aperçus de Karl Marx, ils vous renvoyaient au troisième qui n'a paru qu'en 1895. Ces deux volumes ont été publiés par les soins d'Engels, qui reconnaît que, surtout pour le troisième volume, il ne disposait que d'une ébauche très incomplète. Alors, se pose une question : si Karl Marx avait une idée aussi nette qu'il le prétendait, pourquoi donc celte lenteur dans l'élaboration de cette exposition? 11 a entendu réduire toute la science économique, historique, sociale à une formule. Pourquoi donc tant d'efforts pour la dégager? Lorsqu'on lit ces trois gros volumes, on y trouve non seulement du fatras, mais quantité de compilations extraites surtout des Reports on commercial distress (1847-1848) et des Reports on Bank acts de 1857-1858. Il en résulte donc que la documentation de Karl Marx remonte à environ un demi-siècle. Ces trois volumes ont été traduits en français ; le premier sur la seconde édition allemande a été revu et complété par Karl Marx et a paru à Paris en 1875 chez Maurice Lachâtre. Les

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