CONTRAT^ INDIVIDUEL ET COLLECTIF DU TRAVAIL
personnes qui auraient des réclamations à faire pourraient individuellement s'adresser à la Compagnie; et en même temps, il invoquait une sentence arbitrale de 1892, qui avait été faite pour une durée indéfinie. Il invoquait, pour se protéger contre les réclamations des ouvriers, une sentence prononcée à la suite d'un arbitrage demandé par les délégués des grévistes de 1892.
Au moment même où il affirmait ne vouloir que des contrats individuels, il se réclamait d'un contrat collectif.
Inutile de multiplier ces exemples. Il suffit de jeter un coup d'œil sur l'histoire dçs grèves pour en trouver de multiples*.
Cette transformation du contrat individuel de travail en contrat collectif réjouit beaucoup les réactionnaires qui s'accordent avec M. Pablo Lafargue dans leur haine contre l'œuvre de la Révolution.
M. Paul Bureau parle de « la pulvérisation » de l'industrie, « des milieux instables et chaotiques ». Le rêve de M. le comte de Mun et de l'Association catholique était de refaire la corporation du moyen âge*.
Ils ont échoué.
Mais comment s'opère actuellement la transformation du contrat individuel du travail en contrat collectif?
Avec qui l'industriel peut-il traiter ?
Quelle est l'organisation morale et légale de ses cocontractants ?
Quelle garantie lui offrent-ils ?
La formule actuelle est-elle définitive, ou est-elle susceptible de transformation?