‹ Les conservateurs vengés!Chapitre 12 sur 12 · L.'I.\STKrCTiO.\' PUBnUlJK · texte numérisé non relu

L.'I.\STKrCTiO.\' PUBnUlJK

J'arrive maintenant à la question capitale qui absorbe tant l'opinion publique, parce qu'elle avait compris de ces Messieurs, de leurs promesses, que nous allions enfin, dans le corps d'un gouvernement libéral, posséder des hommes de progrès, décidés à rompre tous les préjugés pour pousser de l'avant la cause de l'enseignement dans la province.

M. Dufl:y s'est amusé à fendre les cheveux pour démontrer que le gouvernement s'est conformé à la loi, et qu'on a distribué à qui de droit ce qui lui revenait des fonds de l'éducation, et il a conclu par un aveu qui couvre une énormité, en disant : " nous payons à fur et à mesure des exi- " gences. Nous payons ce que nous devons, et, la dépense, " l'année prochaine, sera plus élevée, et, si cette année, noue " avons fait des économies, c'est pour nous permettre de " payer les cartes, les livres, quand arriveront les échéances."

En un mot, nous n'avons pu trouver de place pour les $50,000 votées par M. Flynn en outre des allocations ordinaires à l'instruction publique, mais nous nous réservons pour l'an prochain.

Comme si la balance des §50,000 allait retomber au Trésor, sans un vote nouveau.

Et d'ailleurs, comment ! M. Marchand déclarait que l'Instruction publique réclamait §200,000 de plus au lieu de S50,- 000 et il n'a pu trouver à placer les $50,000 que la Législature lui a votées unanimement.

Farce, misérable farce qui prouve de deux choses l'une : ou que le gouvernement ne connaît pas les besoins de l'instruction publique dans cette pnjvince, ou qu'il ne veut pas s'en occuper et y mettre tout l'argent qui lui revient, pour se créer un surplus, toujours le même surplus au dépens d'un service sacré, le service de l'enseignement populaire.

Ici encore, je prends les comptes publics laissant à M. le Commissaire des Travaux Publics le soin d'ergoter sur les subtilités légales.

Combien avons-nous voté pour l'instruction publique pour 1898-99? §412,010.00, y compris évidemment le fonds de §50,000 créé par le gouvernement Flynn.

Combien le gouvernement a-t-il dépensé ? §375,143.28,

soit $36,866.72 de moins que la Chambre l'avait autorisé à dépenser. Je dis autoriser, mais c'est ordonné que j'aurais dû dire, car tout vote pour l'instruction publique est un ordre, un commandement.

$36,000 ! mais c'est plus que deux surplus à $15,000 la pièce, et combien n'ai-je pas raison de dire que ce fameux surplus est acheté, ici encore, au dépens de l'un des services les plus essentilles au progrès, à la supériorité de notre province.

Je me résume :

La dette publique loin d'avoir été augmentée par nous a été diminuée de $2,018,000 de subsides de chemins de fer devenus caducs par l'opération de notre loi de 1893 ; de $1,500,000 en chiffres ronds par le rachat à 17.50 cents des seconds 35 cents qui se montaient à plus de $3,000,000.

A ces deux réductions il faut ajouter, pour avoir une idée exacte de la diminution opérée par nous sur la dette, l'augmentation nominale de notre dette consolidée causée par la conversion en 3 pour cent de l'emprunt de Paris opéré 'par M. Hall en 1893, soit $1,216,585, et la même augmentation provenant de la conversion en cours, d'après M. Duffy luimême $918,000.

La dette, consolidée par nous, a été toute créée par M. Mercier, a l'exception du rachat des seconds 35 cts et M. Duôy en nous accusant d'avoir augmenté la dette consolidée de $9,021,334, commet la même injustice ou la même bévue que si on accusait un administrateur de convertir en obligation à taux réduit d'intérêt des billets portant des taux usuaires.

Nos déficits annuels n'existent pas, si comparant notre administration à celle de M. Marchand on tient compte de ce que nous avons dû payer pour travaux extraordinaires que M. Shehyn imputait au capital pendant que, sur l'initiative de M. Hall, toutes ces dépenses ont été depuis 1898 imputées aux opérations de caisse ordinaires.

Les taxes nouvelles au montant de $2,262,452,55 ont servi, pendant cinq ans à faire face, avec nos économies, à un budget qui se soldait par $1,500,000 de déficit sous M. Mercier.

Nous ne les avons pas empochés ces taxes et aussitôt que

la situation eut été améliorée nous les avons abolies en très grande partie.

Les emprunts ont rapporté aux gouvernements conservateurs, exactement $5,532,691.00, à même quoi nous avons payé:

Subsides aux chemins de fer $3,388,394 22

Remboursement des dépôts de garantie des

compagnies de chemins de fer 1,137,614 25

Palais de justice de Montréal 540,991 37

Dépenses sDécialcs du 17 décembre 1891 au 30

juin 1892 407,923 48

Ponts en fer 106,197 00

Ecole normale Jacques-Cartier 130,357 21

Ecole normale McGill 21,980 00

Réclamation Charlebois 40,063 00

Palais de justice de Hull 25,086 34

Palais de justice de Bryson (Pontiac) 15,790 50

Débentures, Palais de justice de Fraserville. . . 20,000 00

Montant payé à l'acquit de la dette flottante

par les conservateurs $5,835,397 37

Montant perçu par voie d'emprunt par les conservateurs 5,532,691 00

Difîerence en faveur des conservateurs $ ^')02,706 37

C'est-à-dire que le gouvernement conservateur a pa^'é, sur les différents chefs de la dette flottante étmmérés dans le préambule de la loi d'emprunt décrétée par l'administration Mercier en 1890, $300,000 en chiffres ronds de plus que le montant qu'il a reçu par les emprunts faits en vertu de cette loi.

Cette différence, il l'a payée à même les surplus de revenus qu'il a obtenus, grâce à sa prévoyance, à sa sage administration et aux quelques impôts additionnels qu'il a fait voter.

On nous reproche nos dépenses. Faisons la comparaison :

Voici le tableau, correct celui-ci, des dépenses des deux régimes :

Régime libéral

1887-88 (Comptes Publics, p. 13) S 4,054,467

Total pour les 4 aus $17,619,575

Régime conservateur

1892-93 (Comptes Publics, p. 15) $ 4,190,522

Total pour les 4 ans |16,753,902

Ce qui donne le résultat suivant :

Dépenses, régime libéral . . . $17,619,575

" " conservateur 16,694,383

Cette comparaison démontre donc que les conservateurs ont dépensé $914,192 de moins que les libéraux durant le même espace de temps, — quatre ans dans les deux cas.

La moyenne de la dépense libérale, que l'on obtient en divisant par 4 le chittre de $17,619,575, est de $4,404,893 par année.

La moyenne de la dépense conservatrice, que l'on obtient également en divisant par 4 le chiffre de $16,694,383, est de $4,173,595 par année.

Etablissons la différence

Moyenne libérale $ 4,404,898

Moyenne conservatrice 4,173,595

Différence en faveur du régime conservateur.. .$ 231,1^98

Et cela en dépit de l'augmentation du service de la dette, qui fait une différence de $274,410 dans la moyenne à notre

détriment, comme nous l'avons vu tout à l'heure. Ce qui signifie que le gouvernement conservateur a dépensé en moyenne au delà de S500,000 par année de moins que le gouvernement libéral.

Voilà le résumé de notre régime que par un manque d'étude ou un parti pris inexplicable, M. I)utfy a entrepris de contester et de couvrir de boue.

Il ne réussira pas car la vérité est plus forte que toutes les arguties savamment agencées pour répandre le mensonge et semer la calomnie.

COi\CXUSION

C'est nous qui avons pris l'administration du pays dans une situation désespérée et c'est nous, qui, les travaux publics terminés et les remboursements de dépôts aux chemins de fer du pays, payés, dépôts criminellement accaparés pour entretenir l'orgie du régime Mercier, avons rétabli la dépense ordinaire au chitfre normal de $4,000,000, laissant à nos successeurs le soin de l'y maintenir, ce qu'ils ont été incapables de faire.

C'est nous qui ayant pris la dette totale de la province à $35,842,147.10 ou plutôt, d'après M. Taillou en tenant compte de tous les subsides de chemins de fer à $38,106,(354.08 l'avons réduite à S34,1'J6,654.08.

C'est nous qui avons relevé le crédit de la province compromis par M. Mercier et avons réussi à vendre nos obligations à prime.

C'est nous qui, après avoir déboursé des millions, pouvons nous dresser en face de nos accusateurs et les défier de trouver dans toute notre administration un acte reprochable au point de vue d'une honnête administration.

Et vous jouissez du fruit de notre travail en frelons qui n'avez rien fait ! Et vous trouvez de l'amertume dans le miel que vous n'avez pas fabriqué ! — Sic vos non vobis.

Et si encore vos vantardises injustes et déloyales à notre égard pouvaient vous permettre de dire que vous employez au bien de la patrie la somme de travail qu'il nous a fallu pour sortir la province de l'abîme du déshonneur et de la banqueroute oii elle était plongé ; si vous aviez le courage de pro-

fiter de la succession prospère, relativement, que nous vous avons léguée pour continuer les œuvres essentielles à l'avenir de cette province, nous nous en réjouirions; pour ma part je vous seconderais de toutes mes forces.

Mais c'est le contraire que vous faites proclamant, malgré tous les faits que je viens d'établir, proclamant par la bouche de votre Premier que c'est au prix de votre politique mesquine, étroite, pusillanime et aveugle, que les institutions de cette province peuvent être sauvées.

Erreur coupable, qui nous conduit de jour en jour de déchéance en déchéance et qui fait que l'élément dominant dans votre sein est celui-là précisément qui voudrait le moins possible que nos Canadiens-français pauvres et délaissés progressent sur leurs terres, qu'ils aillent en plus petit nombre possible défricher la forêt, les aimant aux Etats-Unis plutôt que dans notre pays ; élément qui reste tout à fait indifférent à la participation des nôtres à ce pain de vie nationale que procure chaque jour la manne de l'instruction.

Et vous parlez d'abolir : les têtes dirigeantes parmi vous ne sont bonnes qu'à cela ; c'est le malheur d'un parti qui fut le parti libéral et qui eut de beaux jours.

Mais abolissez donc après avoir tout amoindri, tout rapetissé, après nous avoir réduit au rôle d'un conseil municipal. Abolissez, rapetissez tout ce que vous touchez en attendant que le peuple prononce votre mane, thecel, -phares et vous abolisse à votre tour.

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