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Les conservateurs vengés! [microforme]

Décidé à exposer à la Chambre, à cette session, ma manière de voir sur l’état financier de la province, je ne prévoyais pas que j’aurais à répondre à l’honorable Commissaire des Travaux Publics. Il a déjà, il est vrai, devant les électeurs de Missisquoi, traité nos questions de finances, mais son discours, préparé à la hâte, ne me semblait pas, quoiqu'il ait quelque peu changé de toilette, destiné à voir le Jour dans cette enceinte.

S'il a témoigné quelque surprise de ce que lhonorable député de Saint-Laurent (M. Atwater) ait pris son temps pour répondre à l’honorable M. Marchand, j’ai bien le droit de constater que le gouvernement a pris plus de temps pour nous fournir les documents demandés et que lui, l’honorable Commissaire des Travaux Publics, a pris encore trop de temps pour ne nous servir après tout qu’un plat réchauffe.

Je regrette que M. Carbray ne soit pas ici pour répondre à M. Duffy. Homme d’affaires, consciencieux et clairvoyant, il eut fait vite justice des arguties du commissaire des Travaux Publics qui ne peuvent résister à une critique sérieuse. Espérons que la santé de l’honorable député lui permettra de nous fournir dès cette année la réfutation victorieuse des accusations portées si: légèrement. parle. parti.au pouvoir contre les hommes Politiqües dar de la tâche-hereuléenne

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de sortir la province de l’abime où l’avaient plongée les sinq années de l’administration Mercier-Marchand.

L'honorable député de Saint-Laurent avec cette verve, cet esprit clair, cette connaïssance approfondie de nos finances, que tous lui reconnaissent, a défendu la politique conservatrice sans tomber dans la moindre récrimination. Je ne reviendrai pas sur les points qu’il a traités.

L’honorable M. Duffy avec une ardeur toute juvénile et vraiment surprenante chez cet endurci du célibat, s’est jeté tête baissée dans la mêlée. Il ne s’est pas contenté de défendre l'administration de ses amis, mais il a consacré la moitié de ses efforts à démolir l’œuvre de relèvement des conservateurs.

L’honorable Commissaire a eu de très grands éclats de voix, pour démontrer notre perversité, ou notre ineptie, et

our faire contraste à côté de notre insuccès, il a décrit

es brillantes prouesses du Premier Ministre, les difficultés de sa tâche, ses succès, que dis-je, ses triomphes dans les hautes et profondes opérations financières qu'il a dirigées jusqu’à présent. De fait il a cessé d’être l’homme pratique que lon connaît, le farouche administrateur qui réduit toute question à une affaire de dollars et de cents, et il s’est fait tour à tour chantre lyrique et avocat du héros, du lion du jour qui vient, sans presque s’en apercevoir, de sauver la province de Québec, à jamais compromise par l’extravagance des conservateurs.

L'honorable Monsieur est jeune, j'entends jeune député ; il a toute l’ardeur du néophyte qui sent le besoiu de se dévouer à des tâches surhumaines ; il a la foi du charbonnier, foi simple et naïve, digne des premiers âges chrétiens, qui croit sans examen; foi admirable sans doute, maïs que je me permettrai de qualifier de foi stérile et vaine quand elle s’applique au gouvernement actuel qui est aussi dépourvu d'œuvres qu’il soit possible de l’imaginer.

Et que devient, dans des affaires de finances, la foi sans les œuvres qui seules peuvent sauver ?

Je suis trop positif, peut-être même trop sceptique en fait de surplus pour suivre le poète lyrique dans toutes ses chevauchées, et je tâcherai d’être assez pratique pour refuter l’avocat qui s’est, d’une façon si généreuse, lancé dans la défense d’une cause qussj désespérée que. celle du gouvernement et d’ ui sup) ue buési: : profléiiatique, dans tous les cas,

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aussi suspect, aussi illégitime et aussi peu viable que l’est le surplus de l’honorable Premier Ministre.

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