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INTRODUCTION

Des substances généralement décrites chez les Laminaires, et qui font l’objet de ce travail : mannitol, laminarine, algine et cellulose, deux seulement, la laminarine et la cellulose sont, en rigueur de terme, des glucides. Le mannitol, alcool polyatomique, dérivé du mannose par hydrogénation, l’algine qui, on le verra plus loin, ne livre pas de sucres réducteurs par hydrolyse, ne sauraient mériter ce nom. Pour désigner des corps de nature si diffférente, il a fallu faire choix d’une expression à la fois assez large pour les comprendre tous, et assez précise pour délimiter le sujet de ces recherches. Le titre qui a été adopté : «Constituants glucidiques des Algues brunes», a paru remplir ces conditions.

Parmi les Algues brunes, il en est de si rares et de si petites qu’elles ne peuvent se prêter, du point de vue physiologique, qu’à des recherches microchimiques. Il en est d’autres, au contraire, les Laminaires, les espèces les plus grandes de nos côtes, dont l'abondance et les dimensions rendent les récoltes particulièrement faciles. Ce sont elles qui font l’objet principal de cette étude. L'intérêt que présente l’étude comparative des végétaux d’un même groupe a fait étendre ces recherches à un certain nombre de Phéophycées, choisies parmi les plus notables et les plus communes.

LES CONSTITUANTS GLUCIDIQUES DES PHÉOPHYCÉES

On sait depuis longtemps que les efflorescences cristallines de certaines Laminaires ont une saveur sucrée. Au début du siècle dernier, FOURCROY et VAUQUELIN, puis GAULTHIER DE CLAUBRY assimilent, à juste titre, cette substance à celle que l’on retire de l’oignon et de la manne. STENHOUSE, en 1844, isole et caractérise la mannite (STEN- HOUSE. 1.) (1).

(1) Le chiffre qui suit le nom d’auteur renvoie à l’Index bibliographique.

En 1885, SCHMIEDEBERG extrait des Laminaires une espèce de dextrine ne donnant à l’hydrolyse que du glucose, et qu'il appelle laminarine. Quelques années plus tard, BAUER obtient également du glucose en soumettant les algues à l’hydrolyse.

HAXSTEEN, reprenant l’étude des granules réfringents déjà décrits par REINKE, en fait des grains de fucosane, subsiance qui, selon lui, serait un hydrate de carbone. Avant lui cependant, BERTHOLD avait reconnu leur nature tannoïdique. C’est à cette conception qu’il faudrait revenir : les grains de fucosane seraient, d’après MANGENOT, des « phloroglucotannoïdes » (1).

KREFTING et Torupr, en 1909, retirent de Laminaria Cloustoni, un corps nouveau, la kreftine, qui, selon KyLin, n’est qu’une modification insoluble de la laminarine.

L’algine a été préparée pour la première fois par STANFORD en 1883, en précipitant par un acide minéral le liquide d’épuisement alcalin des Laminaires et des Fucus. Presque à la même époque, SCHMIEDEBERG décrivit ce même corps sous le nom d’acide laminarique.

En distillant les Fucus avec de lacide sulfurique, STENHOUSE obtint un produit volatil qu’il appela fucusol (STENHOUSE. 2. 3). MAQUENXE, en 1889, établit que ce corps est un mélange de furfurol et de méthylfurfurol. Peu après, GUNTHER et TOLLENS caractérisent un sucre, «<isomère du rhamnose », le fucose, dans les produits d’hydrolyse des Fucus. CLARK, en 1922, l’a retiré d’Ascophyllum nodosum, et en a déterminé la configuration chimique. Tout récemment (1930), ManskE, en hydrolysant Fucus vesiculosus, a isolé le mannose à côté du fucose.

Il n’est pas inutile de remarquer que le fucose, ainsi que le mannose, obtenus par Paction énergique d’un acide sur l’algue entière, apparaissent dans tous les cas en quantité minime et ne doivent pas être considérés comme des constituants de l’algue, à proprement parler.

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