LES VRAIS MOYENS
Et nous piquer de rhétorique.
Les violoDS sont-ils d'accord ?
Bon, tout va bien, la place est grande ; Mais les dames parlent bien fort :
Paix là r paix là, p^ix là, le Roy vous le commande.
RÉur.
Chanté à la moderne : ^fa foy^ je ne açais par qui; devinez '.
Trois MUSICIENS du Pont-Neup » ont peu de fruit de leur harmonie; mais du moins ils ont le plaisir de gaigner leur vie en chan-^ tant, avec peu de peine et beaucoup de joye.
Quatre cbieubs de mort-aux-bats^ ont le débit d'une marchandise médiocrement rare, mais toujours assez nécessaire pour ne pas laisser leur commerce tout à fait infructueux.
Deux VENDEURS d'eau-de-vie < se pourroient vanter d'avoir le plus heureusement rencontré le vray moyen de porter leur fortune
' Ce récit consiste en trois strophes italiennes.
' Le Pont-Neuf, nu divseptième siècle, était couvert de musiciens et de chanteurs de complaintes, dont le plus célèbre à cette époque était Phillpot, dit le Savoyard. (Boileau, Ëpltre VII ; Dassoucy, Jventurcs (Tlialie, ch. 7 et H, elc.,etc.) I^ Savoyard avait été précédé par son père, et il Tut suivi par le cocher de Vertamont. Il est queslion à chaque instant des chantres de la Samaritaine et du cheval de bronze dans les auteurs comiques et saUrIques du temps : Saint- Amant, Loret, Scnrron, ttc.
3 Le crieur de mort-aux-rats était Tnn des industriels les plus pittoresques de la rue. Abraham Rosse l'a représenté, dans sa trop courte galerie des peUts métiers parisiens , sous la physionomie d*un ancien soldat à Jambe de l)ois, tout pavoisé de cadavres de rats autour de son chapeau pyramidal, de sa flamberge et du drapeau, décoré d'un emblème parlant, qu'il porte sur son épaule, tandb que la boite où est renfermée sa poudre pend à son cou.
*Les vendeurs d*eau-de-vie couraient les rues de grand maUn, avant tous les autres industriels, et allaient de porte en porte, ou établissaient dans les carrefours leur petite table, avec le baril, les verres, les fruits confits, la dragée quUl était d*usage de prendre après la rasade , et les dés pour le client qui voulait engager une partie avec le marchand. Fr. Colletet, dans son Tracas de Paris, en vers burlesques {loett), a décrit en détail l'équipage et toutes les coutumes du crieur d'eau-de-vie.
DE PARVENIB. 351
au-delà de celle des rois , si leur liqueur avoit un effet aussi extraordÎDaire que son nom le semble promettre.
ENTRÊK l\.
Une LOUEUSE de servantes, dont la profession nVst pas si considérable qu'elle n'ait Tavantage de contribuer beaucoup à l*inslruction de la jeunesse de deux filles et de deux assez jolies nourrices qui la suivent, et qui ne demandent pas mieux que de servir le public ou le particulier, chacune suivant la dignité de leurs emplois.
Un G A IGNE-PETIT ne sçauroit gaigner gros; mais toujours il a la consolation d*apprendre, par deux garçons cuisiniers qui l'employent, que le métier n'en est pas des plus malheureux, puisqu'il nourrit son maistre.
ENTRÉE Vï.
Quatre chiffon imèrf.s ne sont pas si peu heureuses en leurs recherches qu'elles ne trouvent de quoy employer utilement tout ce qui sembloit n'estre destiné qu'à augmenter les ordures de Paris.
ENTRÉE Vïl.
Trois petits merciers ifontpas un commerce qui les expose à des gains ny a des pertes fort con>idérahles ; mais ils ne laissent pas d'y trouver l'espérance de parvenir à quel(|ue chose de mieux.
ENTRÉE Vin.
Deux REVENDEUSES ne voyent rien dont elles ne puissent composer leur admirable commerce avec un Flamand, qui ne sçait pas trop bien pourquoy i| est plutost là qu*un François, un Italien, un Espagnol, et enfin un autre, tout ce qu'il vous plaira , si ce n'est parce qu'on le croit un peu plus facile à dupper ' ; s'il est vray, je m'en rapporte.
■ Ces railleries sar Tépaisseur de Pespril flamand avaient été mises à la mode par les dernières guerres contre la Flandre. F.lles ne sont pas rares dans les écrivains comiques de Tépoque.