‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 232 sur 325 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Lb Palais d'Amour paroist dans te fond du théâtre, avec des bois et des païsages aux deux costés.

La CONSTANCE^ Qui melne au Padais d'Amour^ fait le Récit.

RÉCIT

DR LA CONSTARCE.

Amans , qui commencez à pousser des soupirs ,

Sur un objet arrestez vos désirs,

[Ne cessez point d'aimer ce qui vous blesse.

Souvenez- vous que c'est une foiblesse.

D'avoir au cœur de légères amours ; Quand on aime une fois , il faut aimer toujours.

Je puis bien seurement vous mener par la main

Vers ce palais dont je sçais le chemin ;

Mais gardez -vous de suivre de faux guides :

Vous n'aurez point de plaisirs bien solides ,

Si vous n'avez de solides amours ; Quand on change une fois , on veut changer toujours.

ENTRÉE L Us QUATBB VENTS qui végnoient en ces lieux.

Pour le MÀBQUis de oenlis, représentant un des verts.

Lorsque ce vent se lève au milieu d*une salle,

Où sa légèreté brille par iutervalle ,

II est bien malaisé qu'on s'en acquitte mieux.

Il n'est point de Vent qui l'égale ; A tous ces beaux Zéphyrs il met la poudre aux yeux.

Ses soupirs sont constans, il est opiniâtre,

Les dames qu'il attaque ont peine à le combattre ;

Et pour se garantir contre ce fascheux Vent,

Qui fait parfois le diable à quatre.

Il faut double châssis et double paravent.

Qui pis est, sa puissance en est là parvenue Que, mesme sans souffler, il entre , il s'insinue , A travers les rideaux, pénètre jusqu'aux lits;

Et c'est une chose connue Que rien n'est dangereux comme les Vents-coulis.

ENTRÉE n.

Le PRINTEMPS, précédé de zéphvbe et de flore , les en chasse et s'y vient établir avec quatre belles nymphes qui raccompagnent.

Zéphyr e y le sieur Musnier Saint-Elme; Flore^ M"® de la Barre; le Printems , le Roy ; les Nymphes, les duchesses de Mercœur et de Gréquy, M**' de Maocini et M"® de Mauneville.

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