PREMIÈRE PARTIE
Lb Palais d'Amour paroist dans te fond du théâtre, avec des bois et des païsages aux deux costés.
La CONSTANCE^ Qui melne au Padais d'Amour^ fait le Récit.
RÉCIT
DR LA CONSTARCE.
Amans , qui commencez à pousser des soupirs ,
Sur un objet arrestez vos désirs,
[Ne cessez point d'aimer ce qui vous blesse.
Souvenez- vous que c'est une foiblesse.
D'avoir au cœur de légères amours ; Quand on aime une fois , il faut aimer toujours.
Je puis bien seurement vous mener par la main
Vers ce palais dont je sçais le chemin ;
Mais gardez -vous de suivre de faux guides :
Vous n'aurez point de plaisirs bien solides ,
Si vous n'avez de solides amours ; Quand on change une fois , on veut changer toujours.
ENTRÉE L Us QUATBB VENTS qui végnoient en ces lieux.
Pour le MÀBQUis de oenlis, représentant un des verts.
Lorsque ce vent se lève au milieu d*une salle,
Où sa légèreté brille par iutervalle ,
II est bien malaisé qu'on s'en acquitte mieux.
Il n'est point de Vent qui l'égale ; A tous ces beaux Zéphyrs il met la poudre aux yeux.
Ses soupirs sont constans, il est opiniâtre,
Les dames qu'il attaque ont peine à le combattre ;
Et pour se garantir contre ce fascheux Vent,
Qui fait parfois le diable à quatre.
Il faut double châssis et double paravent.
Qui pis est, sa puissance en est là parvenue Que, mesme sans souffler, il entre , il s'insinue , A travers les rideaux, pénètre jusqu'aux lits;
Et c'est une chose connue Que rien n'est dangereux comme les Vents-coulis.
ENTRÉE n.
Le PRINTEMPS, précédé de zéphvbe et de flore , les en chasse et s'y vient établir avec quatre belles nymphes qui raccompagnent.
Zéphyr e y le sieur Musnier Saint-Elme; Flore^ M"® de la Barre; le Printems , le Roy ; les Nymphes, les duchesses de Mercœur et de Gréquy, M**' de Maocini et M"® de Mauneville.