‹ Les contemporains de Molière:Chapitre 279 sur 325 · TOUS DEUX · texte numérisé non relu

TOUS DEUX

Ces aimables, etc. .

VERTUS , PALLAS €t AMAZONES.

Pour MADAME, représentant pall4S.

A voir la dignité , la pompe , les richesses, Uédat de la persoiuie et la splendeur du nom ,

Et tout ce qui convient aux premières déesses ; Diriez- vous pas que c'est la superbe Junon ?

A voir comme on la suit, en adorant ses traces , Comme elle enchai$ne ceux qui d*elle sont connus , Comme elle a dans ses yeux les Amours et les Grâces , Oiriez-vous pas que c'est la charmante Vénus ?

C'est Pallas elle-mesme , ou quelqu 'autre Héroïne , Qui cache sa fierté sous beaucoup de douceur ; Et, sans en affecter la redoutable mine , Elle en a les vertus, l'esprit , le noble cœur.

Si Paris revenoit, nous verrions ce jeune homme Bien moins embarrassé qu'il ne fut autrefois : 11 n'auroit qu'à donner à celle-cy la pomme , S'il vouloit estre quitte envers toutes les trois.

Pour MADEMOISELLE DE MORTEMART, AmaZOnC,

Que ci'appas, d'attraits et de charmes !

Pour le dire en un mot , que d'armes ! Vous avez quelque affaire , et je le prévois bien ; Est-on comme cela pour rien ?

Est-ce pour attaquer , est-ce pour vous défendre ? Car je vous donne avis qu'on tasche à vous surprendre. Soyez en défiance aux Heur où vous allez : Tel pourroit s'enhardir, encor qu'il vous redoute ; Je sçais qu'on vous en veut, et vostre cœur s'en doute : Dites-nous à l'oreille à qui vous en voulez

Pour MADEMOISELLE DE SAINT-SIMON, AmaZOne.

Cette jeune Amazone , avec ses doux regards , Met indifféremment le feu de toutes parts ,

Et de la sorte qu'elle frappe, Amy comme ennemy , personne n'en échappe ■ ; C'est des jeunes beautez le procédé commun. Elle s'en lassera peut-e^tre ,

* Ou peat comparer à ces. vers ceux de Loret , qui rappelle la mignonne de Saint-Simon, beauté ravissante, bouton de lis et de rose {lettre du a mars 1658).

DES-AltTS. 561

Après avoir ainsi frappé sans reconnoistre , Souvent dans la meslée ons'attàciie à quelqu'un '.

Pour MADEMOISELLE DE LA. YALLIÈRB^ AmaZOUB.

Divine Amazone , tout bas Contez-nous quelle est vostre gloire.

Volontiers n'afTectez-vous pas D*étaler trop une victoire?

Les procédez sont différens :

Les unes, comme des torrens, Courent et ravagent la terre ; Les autres, au contraire, appréhendant l'éclat. Font les plus beaux coups de la guerre, Comme on fait un assassinat.

Telle a mille cœurs sous ses loix, Craignant de vivre trop à Tombre ; Telle considère par fois La qualité plus que le nombre.

Je vois luire dans vos beaux yeux Un certain air impérieux , Fatal au repos des plus braves , Et ne compte pas moins qu'Alexandre et César, En me figurant des esclaves A la suite de vostre char.

Pour MADEMOISELLE DE SEVI6NY > Amazone.

Belle et jeune guerrière , une preuve assez bonne Qu'on suit d'une amazone et la règle et les vœux , C'est qu'on n'a qu'un teton : je crois. Dieu me pardonne , Que vous en avez déjà deux. *

* Elle s'attacha, en effet , aa dac de Brissac , qu'elle épousa dans cette même année I6A3, le 17 avril suivant.

' Ces vers donnent une idée de la liberté étrange des portes de l>allets, et par* ticuUèremeut de Benserade, même quand il s'agissait de Jeunes filles, presque d'enfants : on ne voit pat que personne s'en soit offensé,! pas même la marquise de Sévigné. Plus tard , ou devait souvent reprocher à Mlle de Sévigné de suivre la ri'ijle et les vœux d'une amazone :

Vo.H qui naquîtes toate belle A Toirt Indirrérence prè-t,

CO^iTF.VI*. DE MOLIÈnE. — II. 3C

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